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Le dico des auteurs


BOUCHERON Patrick

France

1er mars 2017.
 

Biographie

 
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© Ulf Andersen

On ne présente plus Patrick Boucheron, universitaire et écrivain qui a fait une entrée remarquée et remarquable au Collège de France en 2015, avec son discours inaugural intitulé « Ce que peut l’histoire ».

Parisien d’origine, il fait ses études secondaires au lycée Marcelin Berthelot (Saint-Maur-des-Fossés) puis au lycée Henri IV (Paris). Il entre à l’École normale supérieure de Saint-Cloud en 1985 et obtient l’agrégation d’histoire en 1988. C’est sous la direction de Pierre Toubert qu’il soutient en 1994 à l’université de Paris 1 sa thèse de doctorat d’histoire médiévale, publiée quatre ans plus tard sous le titre Le pouvoir de bâtir. Urbanisme et politique édilitaire à Milan (XIVe-XVe siècles), Rome, École française de Rome, 1998 (Collection de l’EFR, 239).

Maître de conférences en histoire médiévale à l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud de 1994 à 1999, puis à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne à partir de 1999, il fut membre junior de l’Institut universitaire de France de 2004 à 2009. En 2009, il soutient à l’université de Paris 1 une habilitation à diriger des recherches intitulée La trace et l’aura et est élu professeur d’histoire du Moyen Âge dans cette même université en 2012. Il est, depuis 2015, président du conseil scientifique de l’École française de Rome. Il a été élu la même année professeur au Collège de France sur la chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle ».

Ses travaux ont d’abord porté sur l’histoire urbaine de l’Italie médiévale et sur l’expression monumentale du pouvoir princier, cette histoire sociale étant envisagée dans toutes ses dimensions, des plus matérielles et concrètes (économie de l’édilité, techniques de construction) aux plus abstraites (pensée politique et styles architecturaux). Ces travaux l’ont mené vers deux directions principales : d’une part, la saisie synthétique du fait urbain dans une démarche d’histoire comparée à l’échelle européenne, d’autre part l’analyse de la sociologie historique de la création artistique à partir de plusieurs enquêtes menées sur la peinture politique, les enluminures ou la sculpture funéraire.

Parallèlement, Patrick Boucheron engageait une réflexion sur l’écriture et l’épistémologie de l’histoire aujourd’hui, tentant de réarticuler littérature et sciences sociales à partir de quelques chantiers collectifs (sur la notion d’espace public ou de violences intellectuelles notamment) mais aussi d’expérimentations personnelles. Dans Faire profession d’historien (Paris, Publications de la Sorbonne, 2010), il a fait le récit de la manière dont ces deux activités, qui cheminaient jusque là parallèlement, trouvent à se réconcilier dans Léonard et Machiavel (Verdier, 2008), mais aussi dans L’histoire du monde au XVe siècle (Fayard, 2009). Car à travers le décloisonnement des regards et la désorientation des certitudes que propose une certaine manière d’écrire l’histoire du monde, c’est bien la pratique d’une histoire inquiète qui est cherchée ici, comme tente de l’expliciter L’entretemps. Conversations sur l’histoire (Verdier, 2012) mais aussi, d’une autre manière, Conjurer la peur. Sienne 1338. Essai sur la force politique des images (Seuil, 2013, rééd. 2015).

Membre du comité de rédaction de la revue L’Histoire depuis 1999, du conseil scientifique des Rendez-vous de l’Histoire de Blois et du conseil scientifique du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem, Marseille) depuis 2013, participant régulier du Banquet du Livre de Lagrasse depuis 2008, ainsi que de différentes manifestations publiques, festivals littéraires et initiatives médiatiques, Patrick Boucheron tente de défendre la voix d’un discours engagé et savant au cœur des usages publics de l’histoire. De là son investissement dans le monde éditorial – il fut notamment directeur des Publications de la Sorbonne de 2010 à 2015 et est depuis 2012 membre du comité de lecture des éditions du Seuil et directeur de la collection « L’univers historique ».
En 2017, il dirige un ouvrage intitulé Histoire mondiale de la France dans lequel 122 chercheurs reviennent sur l’histoire de la France en quelques 140 dates-clé. Organisé de façon chronologique, l’ouvrage déconstruit l’image collective de la France comme nation exceptionnelle et la replace dans l’échiquier du monde, comme un pays parmi d’autres, qui influence ses voisins et est influencé par eux.

Rédigé en petits récits condensés — de quelques pages pas plus — le livre met à mal certains canons de l’histoire de France et inflige de petites blessures narcissiques à notre mémoire collective. Un ouvrage qui fait grand bruit à la rentrée littéraire de l’hiver 2017. Histoire mondiale de la France est en lice pour le prix France Télévision 2017 dans la catégorie essais.


Bibliographie
- Histoire mondiale de la France (Seuil, 2017)
- Ce que peut l’histoire (Fayard, 2016)
- L’exercice de la peur. Usages politiques d’une émotion, avec Corey Robin (Presses universitaires de Lyon, 2015)
- Prendre dates (Verdier, 2015)
- De l’éloquence architecturale. Milan, Mantoue, Urbino, 1450-1520 (éditions B2, 2014)
- Conjurer la peur – Sienne, 1338. Essai sur la force politique des images (Seuil, 2013, rééd. « Points », 2015)
- L’Histoire au conditionnel, avec Sylvain Venayre (Mille et Une Nuits, 2012)
- L’Entretemps (Verdier, 2012)
- Léonard de Vinci, la nature et l’invention dir., (La Martinière, 2012)
- L’Espace public au Moyen Âge. Débats autour de Jürgen Habermas, dir. (PUF, 2011)
- La Ville médiévale, avec Denis Menjot, (Seuil, 2003, rééd. « Points », 2011)
- Faire profession d’historien (Publications de la Sorbonne, 2010)
- Histoire du monde au XVe siècle, dir. (Fayard, 2009)
- Le Mot qui tue. Une histoire des violences intellectuelles de l’Antiquité à nos jours, dir. (Champ Vallon, 2009)
- Léonard et Machiavel (Verdier, 2008)
- Les Villes d’Italie (vers 1150-vers 1340) (Belin, 2004)
- Les Palais dans la ville. Espaces urbains et lieux de la puissance publique dans la Méditerranée médiévale, dir. (Presses universitaires de Lyon, 2004)
- Religion et société urbaine au Moyen Âge, dir. (Publications de la Sorbonne, 2000)
- Le Pouvoir de bâtir. Urbanisme et politique édilitaire à Milan XIVe–XVe siècles), (École française de Rome, 1998)

Actualité

 
Essais

« L’intérêt pour Machiavel renaît toujours dans...

- 2017

« L’intérêt pour Machiavel renaît toujours dans l’histoire au moment où s’annoncent les tempêtes, car il est celui qui sait philosopher par gros temps. Si on le relit aujourd’hui, c’est qu’il y a de quoi s’inquiéter. Il revient : réveillez-vous. » 
Depuis sa mort en 1527, on le lit pour s’arracher à la torpeur. Mais que sait-on de lui hormis le machiavélisme, cette angoisse collective devant le mal en politique ?
Allons donc chercher l’homme derrière le masque qui le défigure. Levons les contradictions qui travaillent cet esprit ardent de la Renaissance florentine : le créateur du Prince et l’homme d’action, le poète obscène et le blagueur, l’inspiration qu’il trouve autant chez les peintres que dans la mécanique des passions et intérêts humains. En somme, la sagesse de Machiavel ne se trouve-t-elle pas dans « l’art subtil de la provocation joyeuse » ?
Patrick Boucheron nous invite sur un tempo allegrissimo à découvrir un Machiavel insolent, visionnaire, implacable comme un soleil d’été. « Machiavel est un éveilleur, parce qu’il est un écrivain. Il écrit pour porter la plume à la plaie. Il écrit pour raviver, non la splendeur des mots, mais la vérité de la chose ».

Un été avec Machiavel est à l’origine une série d’émissions diffusées pendant l’été 2016 sur France Inter.

Œuvre

 
" Ce ne serait pas trop de l’histoire du monde pour expliquer la France " Jules Michelet, Introduction à l’histoire universelle (1831) Voici une histoire de France, de toute la (...)
 

« L’intérêt pour Machiavel renaît toujours dans l’histoire au moment où s’annoncent les tempêtes, car il est celui qui sait philosopher par gros temps. Si on le relit aujourd’hui, (...)