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Le dico des auteurs


BORTNIKOV Dimitri

France/ Russie

1er mars 2017.
 

Biographie

 
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© Frédéric Stucin

Chez Dimitri Bortnikov, il est toujours question de vie et de mort. L’auteur russe de langue française se dit « ouvreur de tombes » : il se confronte à ce qui échappe au langage et fait parler les muets, les fous, les morts. 

On sait peu de choses de Dimitri Bortnikov. Dans la vie comme dans ses romans, il aime conserver une part de mystère, de mystique même. Il naît en URSS sur les bords de la Volga, à Samara en 1968. Son enfance est marquée par son arrière grand-mère, puissante figure maternelle qui l’accompagne telle une ombre dans son existence comme dans ses romans, elle plane, toujours présente. « Je n’ai jamais voulu être écrivain » confie-t-il volontiers. Son rêve ? Devenir médecin, mais en vain. Il commence à écrire après son arrivée à Paris en 2000 (où il réside toujours). D’abord en russe, sa langue maternelle. Son premier roman, Le syndrome de Fritz reçoit le Booker Prize l’année de sa publication, en 2002, ainsi que le Prix du best-seller national. Son deuxième roman, Svinobourg (Le Seuil, 2005), a été salué par la critique.
Il passe définitivement au français en signant Furioso en 2008, puis le roman Repas de morts en 2011. Changer de langue dans l’écriture, c’est comme mourir dans sa langue maternelle et renaître dans sa langue d’adoption, raconte-t-il. La langue justement, est révoltée, provocante, pleine de néologismes, de ponctuations étranges et de métaphores loufoques. Emprunter une langue lui offre une liberté de mouvement, une licence poétique qui n’a pas de fin.

En 2017, Dimitri Bortnikov revient avec un roman-fleuve, Face au Styx, dans lequel on suit Dimitri, un exilé russe qui s’installe à Paris et traîne dans les rues de la capitale, y rencontre des âmes perdues comme lui et tombe amoureux. Dans le même temps, il se souvient de son passé en Russie et de toutes les vies qu’il y a laissées : un père, une grand-mère aveugle, des frères d’arme. Dans une langue qu’il tors, fléchit et malmène, le narrateur partage son histoire, ses passions et son incroyable solitude. C’est la vie toute entière que capture Face au Styx, telle qu’elle est vécue mais ne peut jamais être dite. Elle échappe aux mots. Derrière l’horreur, le souffle et l’errance, l’écrivain nous inocule sa passion contagieuse pour l’existence. Dimitri le personnage – comme Dimitri l’auteur- se tient debout sur les rives du Styx et fait des aller-retours entre le passé et le présent, entre Paris et la Russie. Un roman fou, coloré et plein d’humour.


Bibliographie

- Le Syndrome de Fritz Booker Prize russe en 2002 (Noir sur Blanc, traduction Julie Bouvard, 2010, rééd Libretto, 2012.)
- Svinobourg, traduction Bernard Kreise (Le Seuil, 2005).
- Furioso (éditions Musica Falsa, 2008)
- Repas de morts (éditions Allia, 2011)
- Face au Styx (Rivages, 2017)

Actualité

 
Romans

Face au Styx

Rivages - 2017

Le fabuleux parcours - riche, vivant, et passionné - d’un jeune Russe dans le Paris d’aujourd’hui. Au fil de ses rencontres et de la solitude de ses déambulations se dessine une fresque hallucinée projetée sur le mur de la condition humaine. Maquereaux, marquises, écrivains, chats et chiens, tsars, grand-père combattant de trois guerres, femmes et hommes, enfants, bêtes venus de l’autre côté du Styx, tous entrent dans cette danse, farandole moderne des âmes tragiques et drôlatiques qui tourbillonne de Paris jusqu’au pôle Nord, de Saint-Peterbourg jusqu’à la grande steppe tel un ouragan qui déracinerait les dents du dragon du passé et sèmerait ceux à venir… Un grand roman russe à la Dostoïevski écrit directement en français.


Revue de presse

- "Dimitri Bortnikov secoue tant de lettres et de points d’exclamation, dans son livre-percussion, il jette tant de phrases à la face du monde, tant d’apostrophes aux vivants et aux morts, qu’on a l’impression qu’il a pris tout le langage disponible, ne laissant derrière lui que vide et silence. Là où passe la plume de Bortnikov, la parole ne repousse plus." (Marine Landrot, Télérama)

- "Dans ce voyage, Bortnikov s’embarque porté par un verbe torrentiel, réquisitionnant tous les points d’exclamation disponibles, mobilisant sans hésiter les plus baroques des comparaisons. Une langue irrésistible, dont la saveur n’est pas le moindre atout de ce roman qui nous fait retrouver le charme des lectures interlopes que plus personne n’ose proposer. » (Alain Nicolas, L’Humanité)

- "Laissons-nous emporter dans un tourbillon logorrhéique, sismal où sont conviés les vivants et les morts. Oui, nous allons vivre une véritable expérience littéraire puis « écouter le silence où l’âme se déshabille des mots ». " (Colette Lallement-Duchoze, Mediapart)

- "Roman de rédemption d’un exilé, traité exorcisme dense et broussailleux, au final, Face au Styx est une longue méditation sur l’injustice de la mort et la fugacité de l’existence. Rien de plus qu’un « murmure dans le cul de l’éternité », dirait-il. Accrochez-vous." (Christian Desmeules, Le Devoir)

- « Un torrent littéraire de près de 800 pages, puissant, syncopé, fiévreux, qui mêle érucations et aphorismes, multiplie les points d’exclamation céliniens et malmène la langue autant qu’il la réinvente et la sculpte. « Face au Styx » est l’un des projets fous de cette rentrée littéraire. » ( Sophie Pujas, Le Point)

Œuvre

 
Romans

Face au Styx

Rivages - 2017
Le fabuleux parcours - riche, vivant, et passionné - d’un jeune Russe dans le Paris d’aujourd’hui. Au fil de ses rencontres et de la solitude de ses déambulations se dessine une (...)
 

 
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