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Programme


Le programme de Samedi 3 décembre

2 décembre 2016.

BIBLIOTHEQUE NATIONALE D’HAÏTI
10:30 AM ECRIRE EN CREOLE
La littérature haïtienne de langue créole est devenue au fil des temps une zone de vitalité de la littérature haïtienne. Poésie, théâtre, et de plus en plus la fiction s’écrivent avec force et qualité en créole. Pourtant, elle n’a pas forcément la reconnaissance qu’elle mérite. Et se différencie-t-elle de la littérature en français ?
Ricardo HYPPOLITE, Anivince JEAN-BAPTISTE, Pierre-Michel CHÉRY, Jean-Robert LÉONIDAS

3:00 PM MARIE VIEUX CHAUVET :
AMOUR, COLERE ET FOLIE

La réédition par Zulma - enfin ! - des trois textes fulgurants de Marie Chauvet est un événement. Le grand roman des années noires de la dictature de Duvalier, rappelle Dany Laferrière, dans sa belle préface – si violent, impitoyable, que Papa Doc, dit-on, entra dans une fureur folle, tant et si bien que le mari de Marie Chauvet racheta tout le stock à Gallimard qui l’avait édité, et le fit disparaître. Cette réédition, enfin, vient combler un grand vide ! A l’occasion du centenaire de sa naissance : beaucoup de choses ont été dites sur sa vie et son œuvre, pas toutes l’abri des clichés et de l’affabulation. Quelle lecture, aujourd’hui ?
Dany LAFERRIÈRE, Emmelie PROPHÈTE,
Évelyne TROUILLOT, Marie-Alice THÉARD

4:30 PM LE MONDE MEME

Entre rires et larmes, tragédie et comédie, fantastique et réalisme, dans l’entremêlement des âmes et des corps, le heurt des destinées : le monde même, dans sa bouleversante humanité.
Jean-Robert LÉONIDAS, Miguel DUPLAN, Blaise N’DJEHOYA, In-Koli Jean BOFANE


INSTITUT FRANÇAIS D’HAÏTI

11:00 AM CHOISIT-ON QUI ON EST ?

Savons-nous seulement qui nous sommes ? Pour les forcenés de l’identité les choses sont simples – mais, curieusement, ils vous définissent par qui vous n’êtes pas (ou pas tout à fait) : par la communauté, le clan, la race, la culture. Manière, souvent de vous mettre dans la cage de vos « devoirs envers ». Mais gardons-nous là-dessus des attitudes faciles : pour les déracinés, privés de leur histoire, de leur communauté d’origine, de leur culture, le sentiment d’une perte, ou d’une absence, d’identité est vécu cruellement – terreau qu’exploitent si facilement les démagogues. Une chose au moins est sûre : si l’on ne choisit pas qui on est, ou d’où l’on vient, on peut choisir qui on devient…
Paule CONSTANT, Makenzy ORCEL, Emmelie PROPHÈTE, Ananda DEVI, J. A. JEAN-PIERRE

2:30 PM CAFE LITTERAIRE
Kei MILLER, Jean ROUAUD

3:45 PM PROJECTION : “ DE BANGUI A PORT-AU-PRINCE : LE DEFI DE LA RECONSTRUCTION ” De Rachel Magloire (AFD/2016/8’)

4:00 PM CONSTRUIRE / RECONSTRUIRE
Reconstruire, aménager, développer : cela ne peut s’envisager qu’avec les populations concernées, en tenant compte de leurs expériences, des besoins qu’ils expriment, de leur culture : parce qu’habiter le monde est aussi le peupler de son imaginaire. Et que la culture est ce par quoi le peuple haïtien se tient debout, se tient ensemble : chants, musiques, poésies, romans. En sorte qu’entre les constructeurs et les poètes il n’est pas de fossé, et doit se tisser des liens… En complicité avec l’Agence Française de Développement.
Louis-Philippe DALEMBERT, Dany LAFERRIÈRE, Michel LE BRIS, Odnell DAVID


FOKAL - AUDITORIUM

10:00 AM GRANDE GUERRE : QUAND NAISSAIENT LES LITTERATURES CARIBEENNES
L’entreprise coloniale s’abritait derrière le souci de porter la civilisation à ceux que l’on tenait peu ou prou pour « sauvages ». Mais quelle « civilisation » quand se déchirent avec une barbarie sans nom des puissances supposées « civilisées » ? Quelle civilisation quand la barbarie se révèle être blanche et européenne ? La publication de la Revue de la ligue de la jeunesse haïtienne en 1916, celle de la Nouvelle ronde en 1925, puis celle de la Revue indigène en 1927 seront autant d’étapes dans la reconquête de soi, d’un progressif arrachement aux modèles de la littérature française la plus académique : la naissance de littératures de reconquête de soi. À la guerre en Europe, lointaine, s’ajoutera en Haïti l’occupation américaine – Jean Price Mars jouera pour la « génération de la gifle » un rôle central dans l’affirmation de valeurs nouvelles, la naissance d’un mouvement indigéniste, de revendication de « retour à l’Afrique ». Langston Hughes et Claude MacKay seront traduits aux Antilles dès 1925, la revue Légitime Défense cristallisera ces revendications, en se réclamant tout à la fois de Karl Marx et du surréalisme tandis que la littérature antillaise « doudouiste » se trouvait vivement attaquée.
Michel SOUKAR, Pierre BUTEAU

11:00 AM PROJECTION : “ UN SANG D’ENCRE ”
De Blaise N’Djehoya et Jacques Goldstein (Absynthe Production, Huit Production / 1997 / 52’)
L’histoire commence à la Nouvelle Orléans, carrefour entre Amérique du Nord et Caraïbes, passe à Harlem, nourrit ce que l’on appellera la Harlem Renaissance au sortir de la Grande Guerre, se prolonge à Paris, devenu pour beaucoup d’écrivains noirs un refuge jusqu’après la Deuxième Guerre mondiale, verra la naissance de Présence africaine, nourrira la fermentation intellectuelle précédant le mouvement des indépendances africaines. Une histoire exemplaire, trop peu connue. Harlem et le Quartier latin, littératures caribéennes et surréalisme, Richard Wright et Jean-Paul Sartre, Miles Davis et Juliette Gréco, Chester Himes et Marcel Duhamel. Un film indispensable !

12:00 AM HARLEM RENAISSANCE
Dans le prolongement du film de Blaise N’Djehoya, retour sur la Harlem Renaissance qui non seulement toucha tous les arts, affirma la puissance de création de la communauté noire américaine, mais irriga toute la création artistique de son temps des deux côtés de l’Atlantique.
L.-P. DALEMBERT, Blaise N’DJEHOYA, M. LE BRIS

2:00 PM PROJECTION : “ LE CRI DU SILENCE ”
D’Antoine AGOUDJIAN (30’)
“Les images du séisme en Arménie tournaient en boucle sur les écrans du monde entier. Cette tragédie faisait pour moi écho au Génocide et aux souffrances des Arméniens que m’avaient racontées mes grands-parents réfugiés en France où je suis né. Elles n’ont jamais cessé de me hanter.” Petit-fils d’immigrés, Antoine Agoudjian part en Arménie en janvier 1989, et commence à faire des photos dans le chaos. Il y retrouve des situations tragiques dont lui avaient parlé des grands-parents. La photographie s’est alors progressivement imposée à lui comme vecteur essentiel de ses émotions, des images qui retrace l’histoire que la Turquie a tenté d’effacer de la mémoire de l’Humanité.

2:30 PM D’OU VIENNENT LES IMAGES ?
Rencontre avec Antoine AGOUDJIAN
Né en 1961, il découvre la photographie à 25 ans alors qu’il travaille dans un labo photo aux États-Unis. Deux ans plus tard, au lendemain du séisme survenu en 1988 en Arménie, il se consacre entièrement à l’aide humanitaire dans son pays d’origine, durant un an. Après l’Arménie et le Caucase, il poursuit son travail photographique sur la mémoire, à Jérusalem, au Liban, en Syrie, en Turquie, en Irak, en Iran… En 2015 paraît Le Cri du silence, à l’occasion du centenaire du génocide arménien. L’œuvre d’une vie, dont l’histoire du peuple arménien constitue le fil directeur. « Il faut immortaliser la mémoire afin qu’elle n’appartienne pas qu’au passé. »

3:30 PM PROJECTION : “ L’HERITAGE DU SILENCE ”
D’Anna Benjamin Guillaume Clere (2015) 52’
Armen, Dogukan, Yasar et Nazli sont Turcs. Mais une découverte tardive a bouleversé leur existence : ils sont aussi arméniens. En 1915, leurs grands-parents ont réussi à échapper au génocide en dissimulant leur véritable identité. Certains ont été sauvés, d’autres ont été enlevés. Tous ont été assimilés dans des familles turques et kurdes, convertis à l’islam puis oubliés. Aujourd’hui, après un siècle de peur, leurs petits-enfants découvrent enfin la vérité et décident de briser le silence.

4:30 PM LES FANTOMES DE L’HISTOIRE
Guerres, génocides, colonisation, esclavage – l’histoire n’est pas avare de tragédies ou le sens même de l’humain vacille. Plus juste serait de dire qu’elle nous enseigne que rien de ce qui est inhumain ne nous est étranger. Et dès lors se met en action la machine à oubli, « pour recommencer à vivre » dit-on. Mais les fantômes demeurent, qui reviennent nous hanter. Hantent les écrivains et les artistes, gardiens de la mémoire…
Hakan GÜNDAY, Antoine AGOUDJIAN, Velibor ČOLIĆ, Syto CAVE


FOKAL – TONNELLE
10:15 AM ECRIRE POUR HABITER LE MONDE
Instant de panique quand tout à coup l’on se découvre perdu en un lieu – un bois ? – que l’on croyait connaître et voilà que le monde d’un coup nous devient hostile, étranger. Nous habitons le monde par nos souvenirs, nos fictions, notre imaginaire, les repères que nous y projetons. Et il en va de même pour ce monde qui vient, fascinant peut-être mais combien menaçant, tandis que le nôtre disparaît et avec lui nos repères : ce sont les artistes, les poètes, les romanciers, les musiciens qui nous le donnent à voir, ce nouveau monde, et ce faisant nous le rendent habitable. Écrire, c’est aussi cela : donner un visage à l’inconnu de ce qui vient.
Lieve JORIS, Bob SHACOCHIS,
Bernard CHAMBAZ, Emmelie PROPHÈTE

11:30 AM CAFE LITTERAIRE
Gary VICTOR, In-Koli Jean BOFANE,
Miguel DUPLAN

3:00 PM EXIL, MIGRATIONS
ET CONSTRUCTION DE SOI

Nous vivons, à l’échelle de la planète, un temps de grandes migrations. En sorte que de plus en plus de gens se trouveront, par choix ou par contrainte, devoir vivre dans une culture, parfois une langue, qui n’étaient pas celles de leur pays d’origine. Et ces situations seront d’autant plus difficiles à vivre pour les immigrés de deuxième génération, quand s’efface l’idée même d’un retour au pays perdu. Du coup, ces communautés nouvelles instables, mouvantes, auront pour se construire à élaborer les récits permettant d’articuler ces différentes strates. Comme chacun aura à inventer son propre récit pour se construire. Où l’on voit bien que la littérature, la création artistique joueront (jouent déjà) un rôle essentiel. Le roman n’est-il pas cela : l’articulation en une forme mouvante « faisant monde » de personnages, de strates différentes ?
Louis-Philippe DALEMBERT, Jean-Euphèle MILCÉ, Velibor ČOLIĆ, Manno EJÈN

4:15 PM POESIE ET POLITIQUE
Faubert BOLIVAR, Yvon LE MEN, James NOËL, Eduardo ESPINA
Si l’on s’entend sur ceci, que le poème dit quelque chose qui ne peut pas se dire autrement — car il dit quelque chose, il nous serait sinon indifférent, mais « quelque chose » d’intraduisible en énoncés positifs, sauf à s’avouer ornement inutile – alors le politique
se trouve prié de passer son chemin. Mais si l’on ajoute que le poème témoigne ce faisant d’une dimension de l’être humain irréductible au « produire » et au « consommer » alors, oui, il est par son existence même éminemment politique, école de liberté…

 
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