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Le dico des auteurs


COATES Ta-Nehisi

États-Unis

29 février 2016.
 

Biographie

 
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© Eduardo Montes-Bradley

Phénomène littéraire de l’année 2015 aux États-Unis, Ta-Nehisi Coates signe un essai Une colère noire : Lettre à mon fils, un texte somptueux, viscéral et nécessaire, qui révèle, sous la forme de paroles et pensées adressées au fils de l’écrivain, un pamphlet contre une Amérique blanche maintenant son hégémonie sur les noirs américains par l’asservissement et une domination violente. Moins académique et plus radical, Coates représente la nouvelle génération d’intellectuels noirs dont la parole protestataire et aiguisée est désormais libre.

Journaliste à The Atlantic, mensuel d’informations culturel et politique américain, écrivain et essayiste, il débute le journalisme sous la coupe de David Carr (figure emblématique du Times à New York), et couvre les affaires nationales, rédigeant des articles sur la politique, la culture, les problèmes d’ordre social et s’intéressant particulièrement aux violences raciales.
Fils d’une enseignante et d’un vétéran du Vietnam devenu chef d’une section des Blacks Panthers puis bibliothécaire, Ta-Nehisi Coates passe son enfance à Baltimore, une enfance empreinte de violence sociale -il admet volontiers qu’il a grandi dans la peur de se faire tabasser. En 2000, un de ses amis d’université, Price Jones, est assassiné par un policier « qui l’avait confondu avec quelqu’un d’autre. » Les membres de sa famille sont de fervents adeptes de Malcom X, et avaient choisi de cultiver leur différence et leur fierté. À la maison, presque tous les livres étaient signés d’écrivains noirs, et le prénom Ta-Nehisi est un mot égyptien qui veut dire Nubie (l’actuel Soudan). Coates a d’ailleurs continué cette tradition de prénoms africains : son fils s’appelle Samori en référence à Samori Touré, un leader d’Afrique de l’Ouest qui a résisté aux forces coloniales françaises à la fin du XIXe siècle.

Il a publié un livre sur son enfance à Baltimore, The Beautiful Struggle en 2008, mais sa réputation découle principalement d’un article de 2014 paru dans The Atlantic : « The Case for Reparations », exposait l’idée selon laquelle les États-Unis devraient indemniser les Noirs américains pour l’esclavage.
En 2015, Une colère noire : Lettre à mon fils est un essai virulent, publié aux États-Unis en pleine fureur nationale sur le mouvement #BlackLivesMatter, les manifestations à Baltimore et le massacre de Noirs par un Blanc à Charleston, en Caroline du Sud. Dans cet ouvrage édité cette année par Autrement, le journaliste américain démontre qu’en dépit des luttes pour les droits civiques, de la production d’une culture avec ses icônes (Frederick Douglass, Billie Holliday, Martin Luther King) et de l’élection d’un président noir, les violences contre les Noirs n’ont jamais cessé aux États-Unis. Il reçoit le National Book Award dans la catégorie Essai en 2015 pour son livre.
Le propos central du livre de Coates est qu’aux États-Unis, les corps des noirs sont constamment en danger : pillés, violés, lynchés, parqués dans des ghettos, incarcérés en masse. L’expression « corps noirs » revient très fréquemment dans le livre, car contrairement à de nombreux intellectuels afro-américains, Coates précise qu’il est athée, et que pour lui, la destruction du corps est quelque chose d’absolu.
The Case for Reparations », le long article de The Atlantic, publié en 2014, qui a rendu Ta-Nehisi Coates célèbre sur la scène intellectuelle américaine, laisse présager la puissance et la sagacité de la plume de l’écrivain. C’est en racontant l’histoire du pays qu’il souligne les injustices dont il veut que son fils soit conscient. Dans Une colère noire, il le fait d’une façon plus personnelle, viscérale et lyrique, plus comme un écrivain que comme un journaliste.

Le président américain Obama, qui lit Ta-Nehisi Coates depuis de nombreuses années, l’a mis sur sa liste de lectures d’été. Toni Morrison, grande dame de la littérature afro-américaine, l’a proclamé héritier intellectuel de James Baldwin et son « digne successeur ». Le débat houleux sur le racisme américain a donc gagné une nouvelle voix originale.


Bibliographie :
- Une colère noire : Lettre à mon fils (Autrement, 2016)

Actualité

 
Récit

Une colère noire

Autrement - 2016

Un homme blanc ne se voit pas blanc. Un homme noir, lui, n’oublie jamais qu’il est noir : tout le lui rappelle. Dans une lettre poignante à son fils de quinze ans, Ta-Nehisi Coates lui parle de son expérience et lui transmet son credo : regarder la réalité en face. « En Amérique, détruire le corps d’un noir est une tradition. C’est un héritage. » Le constat est fracassant. Il faut dire que Ferguson, Baltimore, Charleston font suite à une histoire ininterrompue de violences et lui donnent malheureusement raison. Et même si l’histoire américaine a ses figures emblématiques noires allant de Frédérik Douglas à Billie Holliday, de Martin Luther King à Malcolm X, même si l’on commémore en 2015 l’abolition de l’esclavage, qu’on élit un président noir, pour Ta-Nehisi Coates, pourtant, rien n’a réellement changé. C’est à travers un texte violent, poignant, empreint du ton de la confession et de l’intimité que l’auteur raconte à son fils l’histoire de ses parents militants aux côtés des Black Panthers, d’Angela Davies, de ses grands-parents qui lui ont transmis le fameux « rêve » de Martin Luther King. Mais il le tient en alerte : « voilà tes racines de noir : ne t’endors pas, c’est une question de survie ». Véritable phénomène de société, Une colère noire est paru en juillet 2015. Toni Morrison le désigne comme un « classique », la presse en fait l’héritier de James Baldwin, et Barack Obama en a fait l’un de ses livres de chevet.

Dès sa parution, le livre s’est hissé en première place des listes best-sellers du New York Times.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Thomas Chaumont


Revue de presse :
- « Le propos central du livre de Coates est qu’aux Etats-Unis, les corps des noirs sont constamment en danger : pillés, violés, lynchés, parqués dans des ghettos, incarcérés en masse. L’expression « corps noirs » revient très fréquemment dans le livre, car contrairement à de nombreux intellectuels afro-américains, Coates precise qu’il est athée, et que pour lui, la destruction du corps est quelque chose d’absolu. Une des phrases les plus citées du livre s’est déjà retrouvée sur des pancartes lors de manifestations contre la brutalité policière : "En Amérique, la destruction des corps noirs est une habitude –une tradition historique." »
Slate
- « Ta-Nehisi Coates – tout à la fois penseur, autobiographe, historien et journaliste à l’ancienne – fait un tabac. ‘Between the World’ fut en tête des meilleures ventes américaines. Le président Obama, qui lit Ta-Nehisi Coates depuis de nombreuses années, l’a mis sur sa liste de lectures d’été. Toni Morrison, grande dame de la littérature afro-américaine, l’a proclamé héritier intellectuel de James Baldwin. Le débat houleux sur le racisme américain a gagné une nouvelle voix originale. »
Le Nouvel Économiste
- « Le corps des Noirs, marqué par l’esclavage, continue d’être violenté au nom du rêve américain. Avec cet appel criant à l’adresse de son fils, un écrivain est né. »
Télérama

Œuvre

 
Récit

Une colère noire

Autrement - 2016
Un homme blanc ne se voit pas blanc. Un homme noir, lui, n’oublie jamais qu’il est noir : tout le lui rappelle. Dans une lettre poignante à son fils de quinze ans, Ta-Nehisi (...)
 

 
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