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Attentats d’Ankara : les réactions des écrivains turcs Orhan Pamuk et Akan Günday

13 octobre 2015.
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Après l’attentat de samedi à Ankara qui a fait 97 morts, et dans l’attente des élections législatives du 1er novembre, l’écrivain Hakan Günday, auteur du récent “Encore”, décrypte les tensions grandissantes en Turquie et évoque la responsabilité des intellectuels (un interview à lire dans Télérama).
De son côté, Orhan Pamuk (prix Nobel de littérature 2006) critique vivement le président turc Recep Tayyip Erdogan, qu’il accuse de "calcul" vis-à-vis des Kurdes (un extrait de l’interview de Republica).



Nous sommes en deuil, sous un choc d’une violence extrême. Mais depuis longtemps, la société turque est tellement divisée qu’elle a perdu ses réflexes normaux. Tout événement est devenu un prétexte pour activer les oppositions, les dissensions, servir les discours politiques. On ne sait plus réagir normalement, c’est-à-dire humainement d’abord, avant la politique. Au lendemain d’une telle tragédie, on attend, on espère un rassemblement, au moins pour quelques jours (…). Nous n’en sommes plus capables, nous ne savons plus réfléchir.

- L’interview d’Hakan Günday à lire dans Télérama.


La nouvelle de l’attentat (d’Ankara) m’a brisé le coeur. J’ai réagi en disant que tous les Turcs libéraux, les démocrates, les laïcs, sont avec les Kurdes et sympathisent avec eux, parce que ce peuple veut la paix.

- Les propos d’Orhan Pamuck, interviewé lundi par quotidien italien La Repubblica et repris dans L’Orient Le jour :

"La défaite électorale a rendu Erdogan furieux (...)", les Kurdes "ne lui ayant pas fait confiance en lui accordant leur voix pour son projet de République présidentielle". "Gouvernement et armée ont décidé de recommencer la guerre contre le mouvement kurde", affirme l’auteur de "Neige" et "Istanbul, souvenir d’une ville".

"C’est la nation entière qui aujourd’hui comprend le calcul d’Erdogan, ajoute-t-il. D’abord il n’a pas voulu faire partie de la coalition internationale qui combat le califat islamique. Puis, il a accepté de faire ce que lui demandaient les Américains. Mais, en même temps que le Califat, il s’est mis à bombarder les Kurdes".
L’opposition prokurde intensifie ses attaques contre le président Erdogan, qu’elle accuse d’être responsable de l’attentat d’Ankara, le plus meurtrier de l’histoire de la Turquie, qui a fait au moins 97 morts, à trois semaines des élections législatives.

"La nouvelle de l’attentat (d’Ankara) m’a brisé le coeur. J’ai réagi en disant que tous les Turcs libéraux, les démocrates, les laïcs, sont avec les Kurdes et sympathisent avec eux, parce que ce peuple veut la paix", déclare M. Pamuk. "Un pays en paix s’est trouvé soudainement en guerre, à la fois contre le califat islamique et contre le PKK", les rebelles kurdes turcs, estime-t-il.

 
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