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WALTER Georges

France

Enquête sur Edgar Allan Poe, poète américain (Phébus, 2009)

Georges Walter
© Mathieu Walter

En publiant en 2008 Souvenirs curieux d’une espèce de hongois, Georges Walter nous faisait partager les souvenirs de sa tumultueuse carrière au sein de la presse française. Né à Budapest en 1921, arrivé en France à l’âge de 2 ans où il grandit à Nice avant de partir pour Paris, il a tout vu, tout fait, tout lu, tout vécu...
Un temps horloger, il a flirté avec le théâtre et le cinéma avant de se lancer, un peu par hasard, dans le journalisme. Recherché par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale, il accompagne comme interprète et reporter les troupes américaines à la libération. Chroniqueur judiciaire, éditorialiste, politologue, grand reporter, critique littéraire et présentateur du journal télévisé, Georges Walter, titulaire de la carte de presse n°15767, a collaboré à France Inter, RTL, L’Express, Le Point, Le Magazine Littéraire et Le Figaro. Témoin de la guerre du Vietnam, de l’indépendance de l’Algérie, de l’entrée des chars russes à Budapest, il a connu l’Amérique de Nixon, la Chine de Mao et les mythiques Studios de la rue Cognac-Jay. Il a aussi couvert le procès de Marie Besnard, donné des cours d’Anglais à Alain Resnais ou empêché les paparazzis de France Dimanche, déguisés en infirmiers, de troubler les derniers jours de Sidney Bechet.
Fine plume, précise et colorée, ami de Joseph Kessel, Julien Gracq, Ernst Jünger ou Alain Resnais, Georges Walter est aussi écrivain. Récompensé par le prix Interalliés en 1972 pour Des vols de Vanessa, il est l’auteur de plus d’une dizaine d’ouvrages dont une biographie d’Egar Allan Poe, publiée pour la première fois en 1993 et aujourd’hui rééditée chez Phébus.

In English


Bibliographie :

  • Enquête sur Edgar Allan Poe, poête américain (Phébus, rééd., 2009)
  • Souvenirs curieux d’une espèce de Hongrois (Tallandier, 2008)
  • Un Chalet sur la Néva : Michka et les Kessel (Atlantica, 2006 - avec Michel Ohl)
  • Sous le règne de Magog : 1939-1945 (Denoël, 2005)
  • Chroniques du royaume de Magog 1939-1945 (Phébus, 2005)
  • L’Œil du coyote (Robert Laffont, 2000)
  • La montagne des parfums (Robert Laffont, 1999)
  • Edgar allan poe (Flammarion, 1993)
  • Edna 060895 (Lie Ernest Flam, 1993)
  • Les pleurs de Babel, ou, Le siècle d’Erna (Phébus, 1993)
  • Wingapoh (Phébus, 1992)
  • Le palanquin des larmes (Casterman, 1990)
  • Captain Smith (Le Livre de Poche, 1984)
  • La ballade de sacramento slim (Ed. Rombaldi, 1974)
  • Des vols de vanessa (France Loisirs, 1973 - prix Interallié)
  • Les enfants d’Attila, ou, Le siècle de Mathias (Grasset, 1967 ; Phébus, 1999 ; poche 2005)

Argumentaire d’ Enquête sur Edgar Allan Poe, poète américain

Névrosé, ivrogne, pervers, dandy fainéant et nécrophile : une sombre légende auréole le célèbre auteur de La chute de la maison Usher, Edgar Allen Poe. En fervent admirater le romancier Georges Walter emprunte au poète, considéré comme l’inventeur du roman policier, le génie de la construction romanesque et livre un récit haletant digne des plus célèbres enquêtes. Fin limier, il se rend sur le terrain, allant jusqu’à visiter chaque lieu que Poe fréquenta de son vivant. Il exhume, entre autres indices, une correspondance en partie inédite en France. Le biographe explore les relations du poète avec la civilisation, la culture et la grandeur de son pays, et révèle un homme bien plus américain que ne le voyait Baudelaire.
Véritabe redécouverte de celui que Julien Gracq appelait "notre oncle d’Amérique", cette enquête dresse le portrait d’un homme "qui ne fut jamais fou que d’écriture" et dont la célèbre noirceur ne tient qu’à la trop grande clairvoyance de ses propos.

Résumé de Souvenirs curieux d’une espèce de Hongrois :

Un jour, Georges Walter fut approché par le Figaro pour y collaborer. L’un des pontes du quotidien, Marcel Gabilly, demanda alors : « Ce Walter, n’est-ce pas une espèce de Hongrois ? »
Il n’avait pas tort car Georges Walter est né en 1921 à Budapest. Depuis lors, son existence est une suite ininterrompue de tribulations et de succès, d’amertumes et d’enthousiasmes, tous en rapport avec sa plume, d’une précision et d’une invention sans pareille, et avec sa voix, semblable à un gong de bronze de cet extrême-Orient qu’il a tant aimé. Du journalisme, commencé pendant la guerre dans l’armée américaine, il a tout connu : presse de caniveau avec Radar et Paris-Jour, chronique littéraire au Figaro, grand reportage pour L’Express et Le Point, éditorialiste à Radio-Luxembourg, présentateur du journal télévisé de la 1ère chaîne, chroniqueur judiciaire à France-Inter…A la chose littéraire, il a beaucoup donné, depuis son premier article publié par Jean Paulhan dans la NRF, jusqu’au prix Interallié 1972 avec Des vols de Vanessa, et l’inoubliable Palanquin des larmes. Et ses amis et connaissances sont sans nombre : Ernst Jünger, Julien Gracq, Cioran, Alain Resnais et le plus cher, Joseph Kessel.

Alors, fouillant dans sa prodigieuse mémoire, Georges Walter, en une centaine de courts et saisissants chapitres, fait rejaillir vivants, des quatre coins de France et du monde, petites histoires et grands portraits, journées historiques et choses de la vie de journaliste, où la joie est tissée avec le drame, la littérature avec l’amitié. Autant de moments de bonheur et de grâce à découvrir dans son livre conçu comme un opéra fabuleux.

Enquête sur Edgar Allan Poe

Tallandier - 2009

Savoir ce qu’il en fut pour de vrai de la vie d’Edgar Poe, à propos de laquelle courut jusqu’à nos jours une légende noire (folie, drogue, délire alcoolique, cruauté morbide), importe peut-être au moins autant au lecteur de langue française qu’à celui de New York ou de Boston : instauré poète maudit par Baudelaire, Poe fut en quelque sorte « naturalisé » par la vieille Europe, et la critique depuis lors, de Mallarmé aux surréalistes, le cinéma d’Epstein à Fellini, pour ne rien dire de la psychanalyse, n’ont fait qu’accentuer ce sentiment un peu indu d’appropriation. Américain, Poe le fut pourtant, et jusqu’au bout des ongles, ainsi que le révèle avec patience et passion Georges Walter, qui a poussé le scrupule jusqu’à visiter tous les lieux que fréquenta de son vivant le poète. Quant à la prétendue démence de l’auteur de La Chute de la maison Usher, l’on aura ici la preuve qu’elle fut d’abord une invention de ses ennemis (on ne se faisait pas de cadeau, dans cette Amérique des pionniers où l’esprit de conquête justifiait à peu près toutes les violences — y compris celles qui se commettaient au nom des ligues de vertu). Poe, en vérité, ne fut jamais fou que d’écriture. « Poète », à ses yeux, ne signifiait rien d’autre que : homme qui déchiffre. Un métier qui, selon lui, exigeait tout au contraire vigilance et lucidité. Or chacun sait que la clairvoyance, en-deçà comme au-delà de l’Atlantique, est un vice qui peut coûter cher. Il reste que toute enquête sur cet aventurier de l’esprit, contemporain des chercheurs d’or de la Californie, se heurte aux réalités d’une existence épouvantable. Orphelin de deux acteurs faméliques, élevé en petit aristocrate par un négociant en tabac de la Virginie esclavagiste, il s’enfuit, à dix-huit ans, pour s’engager dans l’armée, puis dans le journalisme. Mercenaire de plume pendant vingt ans, inventeur infatigable dans tous les domaines, du conte à hérisser les cheveux au récit policier, de la fiction scientifique au poème cosmique, à la fois critique incorruptible et mystificateur impénitent, trois fois rédacteur en chef, il se trouve condamné, en dépit d’un moment de gloire, au mépris, à l’insulte, à la misère. Enivré par des agents électoraux, le gentleman virginien agonise à quarante ans sur un trottoir de Baltimore. Ses livres lui ont rapporté trois cents dollars. L’avenir n’arrête pas de lui verser le solde. Dans les États-Unis du XIXe siècle où le chemin de fer et la grande presse effacent les Cheyennes et les bisons, et dans les villes d’aujourd’hui marquées par son passage, Georges Walter a suivi la piste de cet Indien sans tribu qui voulut vivre jusqu’au bout de la nuit son rêve lucide et secret. Qu’il en profite au passage, preuves minutieuses à l’appui, pour décapiter une dizaine de légendes tenaces (Poe le pervers, Poe l’ivrogne, Poe le dandy fainéant, le voyou, le nécrophile, l’incestueux) montre assez que sa biographie — la première en français à ce jour —, était une entreprise nécessaire. Que l’ouvrage en question se lise, outre cela, comme un roman policier qui vous tient sept cents pages d’affilée le souffle court (alors qu’il tourne résolument le dos à toutes les commodités de la biographie « romanesque ») est une politesse assez rare pour être soulignée. C’est que G. Walter emprunte à Poe lui-même le secret de construction de son livre : une enquête, au sens le plus rigoureux du mot (au sens où l’entend, par exemple, le génial Dupin dans La Lettre volée —, autrement dit une investigation qui ne laisse rien dans l’ombre… et qui se méfie surtout des fausses évidences). Ce qui nous vaut, entre autres indices exhumés, un choix de lettres en partie inédites en français qui balaient à elles seules les trois-quarts de ce que nous croyions savoir sur Poe. A l’issue de quoi l’auteur du Corbeau nous apparaît sous un éclairage totalement neuf : non plus le névropathe victime de quelque obscure malédiction, mais le champion de la provocation inspirée, le prince de l’impertinence et de la « non-correction », que l’Amérique des bien-pensants liquidera pour pouvoir dormir tranquille. Jamais Edgar Poe, à tout prendre, n’a été aussi proche de nous que dans ces pages… Réédition de la grande biographie que Georges Walter (en 1991) consacra à Edgar Poe : un événement littéraire salué alors par une presse considérable… et un classique qui a sa place obligée dans toutes les librairies dignes de ce nom.


Edgar Allan Poe

Flammarion - 1991

Du journalisme à la littérature

Saint-Malo 2008