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LAROUI Fouad

Maroc

Les tribulations du dernier Sijilmassi (Julliard, 2014)

Je m’inspire de ce que je vois autour de moi. Le monde est cocasse, absurde, émouvant, révoltant, beau et laid... Il suffit de regarder. Il y a des histoires partout, tout le temps...

© Hannah

Portraitiste de la société marocaine sur laquelle il pose un regard à la fois satirique et tendre, Fouad Laroui compte parmi les plus importants écrivains marocains contemporains d’expression française. Révélé en 1996 avec Les Dents du Topographe, succès critique et public pour lequel il reçoit le prix Découverte Albert-Camus, il met en lumière, usant d’un humour grinçant, les absurdités et les injustices qu’il observe dans son environnement : « J’écris pour dénoncer des situations qui me choquent. Pour dénicher la bêtise sous toutes ses formes. La méchanceté, la cruauté, le fanatisme, la sottise me révulsent ».

L’auteur, né en 1958 à Oujda, a suivi une formation d’ingénieur à Paris avant d’entamer sa carrière comme responsable dans une usine de phosphates, au Maroc. Mais à 30 ans, il réalise que « cette vie toute tracée n’était pas la [s]ienne » et décide de tout abandonner pour aller vivre en Europe et se consacrer à l’écriture. Il vit aujourd’hui aux Pays-Bas et enseigne la littérature à l’université d’Amsterdam. Marocain de naissance, Fouad LAROUI est ingénieur et économiste de formation. Il est aussi poète de langue néerlandaise, éditorialiste et critique littéraire.

Avec son premier roman, Fouad Laroui entamait une trilogie centrée sur trois valeurs qu’il considère « malmenées ou mal comprises dans nos pays du Maghreb, et peut-être aussi ailleurs en Afrique et dans les pays arabes » : Les dents du topographe évoque l’identité, tandis que De quel amour blessé (1998) s’intéresse à la tolérance ; Méfiez-vous des parachutistes (1999), enfin, parle du respect de l’individu. Autant de sujets sérieux, souvent pris sous l’angle de la dérision. Brouillant les pistes entre autobiographie et fiction, il confère à ses récits une force rare : « Je suis cet enfant qui pense que le monde de la fiction romanesque est plus réel que le monde réel. »
Il compose par ailleurs des poèmes en néerlandais et publie notamment le recueil Verbannen woorden en 2002 ; un ouvrage qu’il juge « trop intime » pour être traduit en français.

Sous le titre énigmatique de son recueil – L’Étrange affaire du pantalon de Dassoukine, prix Goncourt de nouvelles 2013 – se cachent neuf anecdotes imaginées par l’auteur ; neuf histoires de Marocains de tout âge, sexe et origine sociale, dans leur pays ou à l’étranger, dont le point commun est de traverser une crise identitaire. Dans le style décalé qui est le sien, Fouad Laroui met en scène des personnages dans des situations cocasses ou burlesques, et amène le lecteur à réfléchir sur le regard de l’autre et les stéréotypes culturels qui pèsent sur nos relations.

Il poursuit dans la même veine avec son dernier roman Les tribulations du dernier Sijilmassi. Un businessman quadragénaire vit une sorte d’épiphanie dans l’avion en revenant d’Asie et décide de quitter la frénésie du monde capitaliste. Il essaie de se replonger dans la culture de son pays, le Maroc. À peine arrivé, il est pris entre l’Etat et une secte islamiste cherchant à le manipuler à cause la nototriété de son nom de famille Sijilmassi. Cette intrigue lui permet d’ébaucher une analyse de l’Islam, l’islamisme, le fanatisme, et la religion afin de proposer quelques pistes de réflexions pour dégager un point de vue plus apaisé et humaniste.


Bibliographie :

Nouvelles

  • L’Étrange affaire du pantalon de Dassoukine (Julliard, 2012)
  • Le jour où Malika ne s’est pas mariée (Julliard, 2009)
  • L’Oued et le Consul (Julliard, 2006)
  • Tu n’as rien compris à Hassan II (Julliard, 2004)
  • Le Maboul (Julliard, 2000)

Romans

  • Les tribulations du dernier Sijilmassi (Julliard, 2014)
  • La Vieille Dame du riad (Julliard, 2011)
  • Une année chez les Français (Julliard, 2010)
  • La fin tragique de Philomène Tralala (Juliard, 2003)
  • Méfiez-vous des parachutistes (Julliard, 1999)
  • De quel amour blessé (Julliard, 1998)
  • Les Dents du topographe (Julliard, 1996)

Essais

  • Le Drame linguistique marocain (Le Fennec, 2010)
  • De l’islamisme. Une réfutation personnelle du totalitarisme religieux (Robert Laffont, 2006)

Jeunesse

  • L’Eucalyptus de Noël (Yomad, 2007)
  • La Meilleure Façon d’attraper les choses (Yomad, 2001)

Les tribulations du dernier Sijilmassi

Julliard - 2014

Adam Sijilmassi revenait d’Asie ou il avait négocié brillamment la vente de produits chimiques marocains. Alors qu’il survolait la mer d’Andaman, il se posa soudain une question dérangeante : « Que fais-je ici ? » Pourquoi était-il transporté dans les airs, à des vitesses hallucinantes, alors que son père et son grand-père, qui avaient passé leur vie dans les plaines des Doukkala, n’avaient jamais dépassé la vitesse d’un cheval au galop ? Ce fut une illumination. Il décida de renoncer à cette vie qui ne lui ressemblait pas, se résolut à ne plus jamais mettre les pieds dans un avion et à changer totalement de mode de vie. Funeste décision !
Arrivé à l’aéroport de Casablanca, il entreprit de rejoindre la ville à pied, ce qui lui valut de rentrer chez lui encadré par deux gendarmes. Dès que sa femme comprit ce qu’il voulait faire, elle retourna vivre chez sa mère, en emportant le chat. À peine avait-il donné sa démission que son employeur le mettait à la porte de son appartement de fonction. Qu’importe, il ne céderait pas. Il se débarrasserait de cette défroque d’ingénieur, nourri au lait du lycée français de Casablanca. Il viderait sa tête de tout ce fatras de fragments de littérature française qui lui compliquait la vie. Il redeviendrait le Marocain authentique qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être. Il partit (à pied...) vers son village natal. Fatale décision ! Certes, il redécouvrit la bibliothèque de son grand-père et dévora la littérature et la philosophie qu’avaient produites quelques génies au temps béni de l’Andalousie arabe. Mais, dans son village, personne ne comprenait pourquoi un ingénieur de Casablanca venait s’enfermer dans la maison délabrée de sa famille. Était-il un fou ? Ou un perturbateur ? Un prophète ? Fallait-il l’abattre ou le vénérer ?
Dans son style inimitable, Fouad Laroui nous entraîne à la suite de son héros dans une aventure échevelée et picaresque ou se dessine en arrière-plan une des grandes interrogations de notre temps : qui saura détruire le mur que des forces obscures sont en train d’ériger entre l’Orient et l’Occident ?

L'étrange affaire du pantalon de Dassoukine

L’étrange affaire du pantalon de Dassoukine

Juliard - 2013

Restés au pays ou partis à l’étranger, les jeunes Marocains, déchirés entre traditions et modernité, peinent à trouver leur place. Le problème ne se pose pas de la même manière pour les filles et les garçons, les pauvre et les riches, les érudits et les étourdis.
Pourtant, tous doivent répondre à la même question :
Qui suis-je ?

Venu à Bruxelles pour acheter au meilleur prix du blé européen dont son pays a grand besoin, ce jeune fonctionnaire marocain se retrouve fort démuni quand des malhonnêtes volent dans sa chambre d’hôtel son unique pantalon. Que faire ? Ou acheter, à l’aube de cette rencontre décisive, un pantalon décent ? C’est parce qu’il se présentera devant la Commission européenne, sanglé dans une défroque qui ferait honte à un clown, qu’il réussira sa mission. La métaphore est saisissante. Nous vivons une époque déraisonnable ou l’image mal interprétée des choses prend immanquablement le pas sur l’implacable réalité qui nous conditionne et que personne ne veut voir.
Avec cet humour décapant qui est le sien, Fouad Laroui brode sur ce thème et met en scène des personnages et des situations étonnantes. L’histoire de ce malheureux garçon qui, voulant se faire délivrer un passeport, s’aperçoit que le village ou il a passé son enfance n’existe pas aux yeux de l’administration et que, du même coup, n’étant jamais né, il n’existe pas... Ou comment un édile marocain n’ayant pas réussi à construire dans son village la piscine qu’il avait promise à ses concitoyens en vient à créer le concept de « natation sèche »...


Revue de presse

  • Fouad Laroui dans "Le livre du jour" sur France Info :

De quel amour blessé

Juliard - 2011

Jamal aime Judith, qui le lui rend bien. Banale histoire d’amour ? Non, car si les deux tourtereaux sont nés rue de Charonne, Jamal est beur, Judith est juive... Dès lors tout, et tout le monde, s’oppose à cette union : les deux familles ennemies ; Tarik, le cousin intégriste, prompt à damner tout ce qui bouge, fussent-ils les siens ; les frères Bennaroch, des durs qui ont fait leur service militaire dans les Territoires occupés en pleine Intifada ; Gluard, un odieux journalistes, amateur de provocations dénuées de subtilité.
Entraîné dans cette version cocasse de Roméo et Juliette, le narrateur tente d’abord de réconcilier les contraires. Malgré lui, il devient complice de trahisons, de superstitions d’un autre âge, de haines antédiluviennes entre Juifs et Arabes, et même d’un meurtre. Sa belle assurance et son esprit logique en prennent un coup. Et bientôt, une autre histoire d’amour plus poignante et désespérée occupe son récit : celle d’un père immigré et de son fils qui le renie sans le savoir.

Sagas familiales

Avec Akhil Sharma, Yanick Lahens, Fouad Laroui, Katherine Howe - Saint-Malo 2015


Avec Akhil Sharma, Yanick Lahens, Fouad Laroui, Katherine Howe, une rencontre animée par Christelle Capo-Chichi


J’ai choisi le français

Avec Miguel Bonnefoy, Teresa Cremisi, Fouad Laroui, Saïdeh Pakravan - Saint-Malo 2015

Avec Miguel Bonnefoy, Teresa Cremesi, Fouad Laroui, Saïdeh Pakravan. Débat animé par Baptiste Liger


Quelle place pour la culture au Maroc aujourd’hui ?

Saint-Malo 2014

Avec : Taha Adnan, Kenza Sefrioui, Minna Sif, Kebir M. Ammi, Fouad Laroui
Animé par : Santiago Mendieta


Maroc du monde entier

Saint-Malo 2014

Avec : Fouad Laroui, Taha Adnan
Animé par : Marie-Madeleine Rigopoulos