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JERUSALMY Raphaël

La rose de Saragosse (Actes sud, 2018)

©Oumeya el Ouadie

Ancien espion devenu libraire de livres anciens à Tel Aviv, le romancier Raphaël Jerusalmy prend un malin plaisir à essayer de faire basculer le cours de l’Histoire dans ses romans, derniers remparts contre toute forme d’assouvissement. Il signe aujourd’hui La rose de Saragosse, un roman palpitant dans lequel il revient sur la persécution des Juifs d’Espagne par l’Inquisition au XVe siècle. Un roman humaniste au rythme de polar, qui emprunte les chemins du passé pour « ouvrir des pistes de réflexions parfaitement actuelles » (L’Humanité) sur la puissance politique de l’art face à l’intolérance.

Ancien espion devenu libraire de livres anciens à Tel Aviv, le romancier Raphaël Jerusalmy prend un malin plaisir à essayer de faire basculer le cours de l’Histoire dans ses romans, derniers remparts contre toute forme d’assouvissement. L’auteur, tout aussi romanesque que ses personnages, a un cursus peu banal. Ancien élève de l’École normale supérieure (pour faire plaisir à ses parents), sorbonnard fréquentant le milieu punk de l’époque, il entre dans l’armée israélienne et devient très vite agent de Tsahal où il passera quinze ans de sa vie avant de prendre sa retraite et de s’engager dans l’humanitaire et l’éducatif.

Il publie un premier roman très remarqué en 2012 pour lequel il a reçu le prix Emmanuel Roblès 2013, qui récompense, sur la base du prix Goncourt, un auteur de premier roman. Sauver Mozart est un petit livre bref écrit sous la forme d’un journal. Dans ce concerto à une voix, Otto Steiner, le héros, est un tuberculeux mélomane juif qui, au fil des jours, voit le monde du dehors s’écrouler : l’invasion de la Pologne, la mort de Freud, les rafles, les déportations... Au lieu de se laisser mourir dans le sanatorium où il est soigné, il choisit de rentrer en résistance en attendant le prochain festival de Salzbourg, qu’un ancien ami lui demande d’aider à préparer, la programmation devant être revue pour ne pas déplaire aux critères nazis.

Dans son second roman, La Confrérie des chasseurs de livres, Raphaël Jerusalmy ressuscite une figure historique en imaginant la fin de la vie du frondeur François Villon, poète français du 15e siècle. Mandaté par le roi Louis XI, ce dernier s’embarque dans une aventure politique et littéraire palpitante : Villon se rend en Palestine pour se procurer des ouvrages interdits par Rome, et découvre une confrérie de chasseurs de livres qui veillent sur des ouvrages anciens. Il entre alors, flanqué de son fidèle acolyte Colin, dans un vaste jeu d’alliances et de complots pour faire triompher l’humanisme et la liberté. Un formidable thriller littéraire, où les épisodes se succèdent au rythme de révélations étonnantes et de rebondissements multiples.

En 2016, il sort Les obus jouaient à pigeon vole (Bruno Doucey), un récit biographique sur les derniers jours d’Appolinaire dans les tranchées de la Première Guerre mondiale. Un récit attachant entre poésie et engagement politique.

Évacuation sort chez Actes Sud en 2017. La scène se passe à Tel-Aviv, ville ravagée par le conflit armé, bombardée et désertée en catastrophe par ses habitants. Trois personnages y restent pourtant, faisant des ruines urbaines leur terrain de jeu et le lecteur fait l’expérience avec eux de la sur-vie en milieu hostile. Un roman intense et plein de poésie.

Il signe aujourd’hui La rose de Saragosse, un roman palpitant dans lequel il revient sur la persécution des Juifs d’Espagne par l’Inquisition au XVe siècle. Angel de la Cruz, un espion chasseur de prime brutal employé par l’inquisiteur Torquemada, et Léa de Montessa, noble juive convertie élevée dans l’amour du beau et des livres, se rencontrent autour de la gravure, art de l’indépendance qui défie l’intolérance religieuse. Un roman humaniste au rythme de polar, qui emprunte les chemins du passé pour « ouvrir des pistes de réflexions parfaitement actuelles » (L’Humanité) sur la puissance politique de l’art face à l’intolérance.


Bibliographie :

  • La rose de Saragosse (Actes Sud, 2018)
  • Évacuation (Actes Sud, 2017)
  • Les obus jouaient à pigeon vole (Bruno Douey, 2016)
  • La Confrérie des chasseurs de livres (Actes sud, 2013)
  • Sauver Mozart (Actes sud, 2012)
La Rose de Saragosse

La Rose de Saragosse

Actes Sud - 2018

La rose de Saragosse s’ouvre sur un crime et se clôt sur une envolée. C’est un roman d’élans rapides et de gestes vifs, une histoire en mouvements qui raconte la rébellion au cœur de l’Inquisition espagnole - et au cœur de cette rébellion, une rivalité artistique qui ne dit pas son nom. L’élaboration d’un langage. Une danse de séduction codée. Le timide frôlement de deux solitudes sauvages. Et comme toujours avec Jérusalmy, la conquête de la liberté.
Saragosse, 1485. Tandis que Torquemada tente d’asseoir sa terreur, un homme aux manières frustes pénètre le milieu des conversos qui bruisse l’urgence de fuir. Plus encore que l’argent qui lui brûle les doigts, cette brute aux ongles sales et aux appétits de brigand aime les images et les visages.
Il s’appelle Angel de la Cruz, il marche vite et ses trajectoires sont faites d’embardées brutales. Où qu’il aille, un effrayant chien errant le suit. Il est un familier : un indic à la solde du plus offrant, une sorte d’espion, de balance professionnelle. Mais un artiste, aussi.
La toute jeune Léa est la fille du nobre Ménassé de Montessa, riche seigneur converti. Orpheline de mère, élevée dans l’amour du beau, des livres et de l’art, elle est le raffinement et l’espièglerie. L’esprit d’indépendance.
Dans la nuit que l’Inquisition fait tomber sur l’Espagne, Raphaël Jerusalmy déploie le ténébreux ballet qui s’improvise et se joue entre ces deux-là, dans un décor à double-fond, au cœur d’une humanité en émoi où chacun joue sa peau, où chacun porte un secret.

Alliant le souffle de La confrérie des chasseurs de livres et l’acuité de Sauver Mozart, le nouveau roman de Raphaël Jerusalmy exalte la puissance d’évocation et l’économie de moyens d’un langage unique, un art de l’esquisse : la gravure. La rose de Saragosse est un roman vif et dense, où le mystère, la séduction et l’aventure exaltent la conquête de la liberté.


Revue de presse

  • "Diablement rythmé, offrant à l’Histoire une trame narrative empruntée au roman policier, le récit s’ouvre aussi sur une réflexion mêlant l’art et la religion." (Le Matricule des anges)
  • "Pratiquée de la sorte, la littérature relève assurément du très grand art." (Jean-Claude Lebrun, L’Humanité)
Évacuation

Évacuation

Actes Sud - 2017

Sous la menace d’une guerre qui se précise, l’ensemble de la population de Tel-Aviv est évacuée. Sauf qu’à la dernière minute, Saba, le grand-père de Naor, descend du bus, entraînant le jeune homme et sa petite amie Yaël dans une dérive clandestine – dangereuse et privilégiée – au cœur de la cité désertée. Temps suspendu en marge de l’histoire qui gronde, irréel et surréaliste à la fois, où la ville devient terrain de jeux, décor de fiction, plateau de tournage, parfait cocon pour une innocence réinventée, une paix rêvée debout, au mépris des alertes et des attaques aériennes.
Un conte sans morale, une bulle de poésie arrachée aux entrailles de l’histoire en marche, une ode urbaine au désir de vivre, et de paix.


1916 : tranchée de première première ligne, au...

1916 : tranchée de première première ligne, au...

2016

1916 : tranchée de première première ligne, au lieu-dit le Bois des Buttes. Le 17 mars à 16 h, le sous-lieutenant Cointreau-whisky, alias Guillaume Apollinaire, engagé volontaire, est atteint à la tempe par un éclat d’obus alors qu’il lit une revue littéraire. La revue qu’il tenait au moment de l’impact, annotée de sa main, vient d’être retrouvée en Bavière. C’est du moins ce que prétend l’auteur de ce récit. Les 24 h qui précèdent l’impact y sont relatées heure par heure, en un cruel compte à rebours qui condense le drame humain en train de se jouer au fond de cette tranchée et le bouleversement qu’il entraîne dans l’âme d’Apollinaire. Car cette journée va être capitale pour la poésie.


Revue de presse

  • "Impossible de lâcher ce livre une fois entamé. C’est un compte à rebours, celui des vingt-quatre heures ayant précédé cet instant où Guillaume Apollinaire, engagé volontaire dans l’armée française, sera touché à la tempe par un éclat d’obus en mars 1916, alors qu’il lit le Mercure de France « dans une tranchée de première ligne, au lieu-dit le Bois des Buttes ». Le poète n’en mourra pas, du moins pas tout de suite. Affaibli par sa blessure, il succombera à la grippe espagnole en 1918." (Libération)
  • " C’est une magnifique mise en pages des dernières vingt-quatre heures d’Apollinaire au front, avant l’impact de l’éclat d’obus. Apollinaire qui s’engage pour voir l’autre côté, être sur le fil du rasoir, à la fois dans sa peau de poète et voir comment rejaillit sur la poésie la tension absurde de la guerre. Voir s’il est possible de la rendre utile, dans le sens où l’on dit : à quelque chose, malheur est bon. » (La cause littéraire)

La confrérie des chasseurs de livres

La confrérie des chasseurs de livres

Actes Sud - 2013

François Villon, poète rebelle et brigand condamné à mort, est gracié par le roi Louis XI qui l’envoie en Terre sainte, à la rencontre des chasseurs de livres de la Jérusalem d’en bas, tenter une alliance contre l’omnipotence de Rome. Entre thriller et picaresque, aussi joueur qu’érudit, l’auteur de Sauver Mozart met en marche les forces de l’esprit contre la toute-puissance du dogme et des armes, pour faire triompher l’humanisme.


Revue de Presse :

Les grands débats en vidéo

Le roman de l’Histoire

Saint-Malo 2014

Avec François Taillandier, Raphaël Jerusalmy, Gérard de Cortanze, Joseph Boyden.
Animé par Yann Nicol

Le « roman historique » n’a pas bonne presse : genre mineur, à l’écart de la voie royale de la « vraie » littérature – où l’histoire ne serait que béquille offerte aux écrivains d’imagination limitée.
Ce n’est pas faux – si l’on entend par là « l’histoire romancée ». Mais ne permet pas de comprendre ce qui est en train de se produire, partout, dans le monde : le retour en force du roman – le grand, qu’on ne peut plus ranger dans la « littérature de genre » – dans le champ de l’histoire. Ou plus exactement l’interrogation, par lui, des limites de l’histoire : que dit-il, que ne peut pas dire l’autre ?

Les cafés littéraires

Le roman de l’Histoire

Saint-Malo 2014

Avec François Taillandier, Raphaël Jerusalmy, Gérard de Cortanze, Joseph Boyden.
Animé par Yann Nicol

Le « roman historique » n’a pas bonne presse : genre mineur, à l’écart de la voie royale de la « vraie » littérature – où l’histoire ne serait que béquille offerte aux écrivains d’imagination limitée.
Ce n’est pas faux – si l’on entend par là « l’histoire romancée ». Mais ne permet pas de comprendre ce qui est en train de se produire, partout, dans le monde : le retour en force du roman – le grand, qu’on ne peut plus ranger dans la « littérature de genre » – dans le champ de l’histoire. Ou plus exactement l’interrogation, par lui, des limites de l’histoire : que dit-il, que ne peut pas dire l’autre ?

Roman et Histoire

Avec Alexis Jenni, Raphaël Jerusalmy et Giles Milton - Saint-Malo 2018

Avec Alexis Jenni, Raphaël Jerusalmy et Giles Milton, traduit par Jocelyne Bourbonnière.
Animé par Hubert Artus


Guerre des religions

avec Raphaël Jerusalmy, Elnathan John et Wilfried N’Sondé - Saint-Malo 2018

Animé par Arnaud Wassmer
Avec Raphaël Jerusalmy, Elnathan John et Wilfried N’Sondé.


L’aventure au cœur du roman

Saint-Malo 2014

Avec : Bruno D’Halluin, Philippe Di Folco, Alain Jaubert, Raphaël Jérusalmy
Animé par : Sandrine Brugot-Maillard


Le retour des barbares ?

Saint-Malo 2014

Avec Raphaël Jerusalmy, Andrus Kivirähk, François Taillandier et Régis Goddyn.

Il manque, dans ce débat, l’introduction de l’animateur et des intervenants. Celle-ci n’a pas été enregistrée. Nous nous en excusons.

Programme


Samedi

15h30
Roman et histoire
Salle Maupertuis

17h05
Signatures
 

Dimanche

18h00
Guerre des religions
Univers (Grande Salle)
 

Lundi

14h30
Les romans de l’Histoire
Café Littéraire

15h45
Signatures