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SCHWARZ-BART Simone

France

Adieu Bogota (Seuil, 2017)

©Hermance Triay c

D’origine guadeloupéenne, Simone Schwarz-Bart, a, en près de trente ans, publié peu d’œuvres, mais chacun de ses livres a marqué profondément la littérature antillaise.

Né à en 1938 à Charente, elle part en Guadeloupe à l’âge de trois mois. Elle fera ses études à Pointe-à-Pitre, puis à Paris et à Dakar. Un triangle entre Afrique, Europe et Antilles qui imprègne toute son écriture. Mais, le catalyseur de son parcours d’auteure est sa rencontre avec André Schwarz Bart à Paris en 1959. Alors âgée de 18 ans et encore étudiante, elle suit la création lente et difficile du chef-d’œuvre de cet écrivain Le dernier des justes, qui fut couronné par le prix Goncourt en 1995. André Schwarz-Bart, convaincu du talent et de la virtuosité artistique de la jeune femme, la stimule et l’incite à écrire à son tour. Simone Schwarz Bart tisse le créole dans la langue française afin de témoigner de la condition antillaise.

Couple fusionnel, ils écriront ensemble un roman à quatre mains : Un plat de porc aux bananes vertes (Seuil, 1967), histoire des esclaves déportés aux Antilles, avec en miroir le destin juif. En même temps, le mélange ou métissage de différents registres langagiers, l’exil et l’errance, les allusions à Césaire et à Villon annoncent qu’il s’agit d’une narration créole avant la lettre. Ensemble, ils imaginent un grand cycle romanesque qui retracerait, en sept volumes, l’histoire des Antilles, dont le premier tome, La Mulâtresse Solitude, publié en 1972 sous le seul nom d’André Schwarz-Bart. Mais le livre, qui illustrait cette idée de métissage, de symbiose des civilisations, fut mal accueilli, les Antillais, n’acceptant pas qu’un "étranger" s’empare d’une figure mythique de leur histoire. On l’accusa même d’avoir repris l’œuvre de sa femme. Seul Léopold Sedar Senghor prit sa défense haut et fort. Face à ce procès, son époux fit vœux de silence, il continua d’écrire mais ne publia plus.
La même année, elle publie seule, Pluie et vent sur Télumée Miracle, lauréat de Grand Prix des lectrices Elle en 1973, qui, encore aujourd’hui est considéré comme un roman incontournable, un chef-d’œuvre de la littérature antillaise : « Un best-seller inépuisé et inépuisable » selon les romanciers Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant. Cette œuvre a été écrite simultanément avec Ti-Jean L’Horizon, épopée antillaise publiée en 1979.

Simone Schwarz-Bart écrira également pour le théâtre Ton beau capitaine, pièce étonnante et ciselée en un seul acte, avant de retrouver son époux pour publier une encyclopédie illustrée en six volumes : Hommage à la femme noire (1989) mettant notamment à l’honneur toutes ces héroïnes noires absentes de l’historiographie officielle. La nouvelle qu’elle publie dans le recueil Nouvelles de Guadeloupe (Magellan & Cie, 2009) est aussi parue dans la revue Autrement Espoir et déchirements de l’âme créole en 1989.

En septembre 2006, Simone Schwarz-Bart a été élevée au grade de Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres, et a reçu, en 2008, le prix Carbet de la Caraïbe, avec son mari, à titre posthume, pour l’ensemble de leur œuvre.

Selon Simone Schwarz Bart, si on inversait le mythe d’Orphée, Eurydice ressuciterait son bien-aimé : c’est ce qu’à 76 ans, elle décide de faire avec le roman L’Ancêtre en Solitude, qui reprend tous les manuscrits, brouillons, notes, journaux de son mari, afin de donner une suite à la Mulâtresse Solitude et de reconstituer, sur leur bureau commun à Goyave où, autrefois, ils écrivaient face à face, l’ensemble du cycle antillais. La boucle est bouclée…
Ils y relatent l’histoire douloureuse et magnifique, d’une famille de Guadeloupéennes, dans une prose métissée où se mêlent le créole, le français de France, l’intraduisible poésie des légendes orales, le réalisme et le fantastique.

En 2017, elle conclut le cycle des romans antillais entrepris à quatre mains avec Adieu Bogota publié aux éditions du Seuil.

Pour plus de renseignements, consultez la base de données d’île en île


Bibliographie :

  •  Adieu Bogota (Seuil, 2017) co-écrit avec son époux (à titre posthume) André Shwarz-Bart.
  • L’Ancêtre en Solitude (Seuil, 2015) co-écrit avec son époux (à titre posthume) André Shwarz-Bart.
  • Nouvelles de Guadeloupe, ouvrage collectif (Magellan & Cie, 2009)
  • Ti-Jean L’Horizon (Seuil, 1979 ; Point Seuil, 1998)
  • Pluie et vent sur Télumée Miracle (Seuil, 1972 ; Point Seuil, 1995)
  • Ton beau capitaine (Seuil, 1987)
  • Un plat de porc aux bananes vertes (Seuil, 1967) avec André Schwarz Bart
Adieu Bogota

Adieu Bogota

Seuil - 2017

Paris, années 50. Marie travaille en France dans une maison de retraite. D’origine antillaise, elle s’est liée d’amitié avec Jeanne, une dame âgée dont elle s’occupe avec douceur et humanité et qui lui raconte sa vie. Avant de mourir, sa vieille amie l’incite à écrire sa propre histoire.

Fidèle à sa promesse, Marie entreprend alors le récit de son existence. Et le roman s’ouvre sur le grand large. Née à l’aube du XXe siècle, la jeune Mariotte quitte la Martinique après l’éruption de la montagne Pelée qui a détruit la ville de Saint-Pierre, en 1902. Son errance la conduit d’abord en Guyane, où elle s’éprend, dans des conditions rocambolesques, d’un ancien bagnard reconverti dans l’orpaillage et sur le point de quitter le pays. Il entraînera Mariotte avec lui, à New York, puis en Colombie, jusqu’à Bogotá, où il l’abandonnera. Livrée à elle-même, la jeune femme puisera dans sa vitalité faite de colère, de courage et de joie de vivre pour dire adieu à Bogota, se tourner vers un autre homme, et un autre continent.

Rappelant l’œuvre et les personnages de García Márquez, ce personnage qui arpente le monde et le temps ressemble aussi à André Schwarz-Bart : mêlé au monde et toujours en décalage, présent et en même temps ailleurs, étranger.

Simone Schwarz-Bart a publié, seule ou avec son mari André, des romans et du théâtre. Depuis la disparition d’André Schwarz-Bart, en 2006, elle a repris et achevé le cycle des romans antillais commencé à quatre mains avec Un plat de porc aux bananes vertes (Seuil, 1964) : L’Ancêtre en Solitude (Seuil, 2015) et aujourd’hui Adieu Bogota.

L'ancêtre en Solitude

L’ancêtre en Solitude

Seuil - 2015

Trois générations de femmes à la Guadeloupe depuis le milieu du XIXe siècle jusqu’aux premières années du XXe : La première, Bébé, est la fille de La Femme Solitude, une esclave devenue un personnage mythique ; elle est achetée par la veuve d’un planteur. Elle est un peu sorcière, voit des apparitions de Jésus. Un pauvre blanc l’achète, "la met en case", lui fait trois filles. Il finira par l’épouser avant de mourir. La seconde, c’est Hortensia, une des filles de Bébé. L’esclavage a été aboli mais rien n’a changé vraiment. Hortensia est, comme sa mère, une étrange petite fille, avide de sortilèges, tentée par la révolte mais prisonnière de sa condition. La troisième femme est la fille d’Hortensia. On l’appelle Mariotte. Elle vit avec sa grand-mère, Man Louise, sa mère et ses deux tantes. L’enfant s’attache à un grand gaillard qui lui fait un peu peur mais lui raconte, à sa façon, l’histoire de son aïeule, la Femme Solitude. De nombreux personnages, hauts en couleur, vivent autour des trois héroïnes. Tout un petit monde revit dans une langue colorée et savoureuse. Le réalisme du quotidien est enchanté par les pensées et les sentiments des trois femmes : univers mystérieux où errent des ombres et des démons, où surnagent les restes de religion chrétienne. L’existence n’est pas facile, mais c’est la joie ou du moins l’élan à vivre qui l’emporte toujours.


Revue de Presse
Une famille de Guadeloupéennes qui tiennent tête aux oppresseurs, qui croient en Jésus-Christ et aux sortilèges, qui chantent des mazoukes très lentes et des « biguines doux-sirop », et dont Simone Schwarz-Bart, née Brumant, raconte l’histoire douloureuse et fabuleuse dans une prose métissée, belle comme un crépuscule sur le morne d’Orange, où se mêlent le créole, le français de France, l’intraduisible poésie des légendes orales, le réalisme et le fantastique.
http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20150205.OBS1821/a-la-memoire-d-andre-schwartz-bart-le-blanc-qui-avait-ose-ecrire-sur-les-antilles.html


Nouvelles de Guadeloupe

Magellan & Cie - 2009

"Mais un individu peut-il porter le deuil de tout un peuple ? La boucle s’achevait, l’enquête sur le grand massacre passé de la terre l’avait renvoyée à elle-même, Linemarie, à son propre univers, et elle s’interrogeait sur le contenu de ces malles, sur l’étrange folie de cet homme. Peut-être était-ce là son véritable objectif : non pas écrire un livre, mais demeurer en contact avec les disparus, leur ménager un espace de vie sur la terre, en son esprit, jour après jour, jusqu’à sa disparition d’ici-bas... Sur l’étrange folie de cet homme qui avait consacré sa vie à remplir ces milliers de feuillets de son écriture, sans jamais pouvoir écrire le mot "Fin"."

Rencontre avec Simone Schwarz-Bart et Aurine Crémieu

Avec Simone Schwarz-Bart et Aurine Crémieu - Saint-Malo 2015


Avec Simone Schwarz-Bart et Aurine Crémieu, une rencontre animée par Patrice Blanc-Francard


Passions cuisine : 2 femmes, 2 continents

Saint-Malo 2011

Avec Simone SCHWARZ BART, Fatema HAL . Un débat animé par : Christine Ferniot.


Edouard Glissant, le poète

Saint-Malo 2011

Avec Tahar BEKRI, Patrick CHAMOISEAU, BORER Alain, Simone SCHWARZ BART, animé par : Catherine Pont-Humbert