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ALI Tariq

Pakistan / Grande Bretagne

Berlin - Moscou (Sabine Wespieser éditeur, 2014)

Biographie

Tariq Ali, ce fringant intellectuel anglo-pakistanais, est connu comme historien, essayiste, journaliste, réalisateur, scénariste, éditeur... Mais romancier de l’islam ? Rien, vraiment rien ne l’y destinait ! Pourtant, avec La Nuit du papillon d’or (Sabine Wespieser Éditeur,‎ 2011), Tariq Ali a mis un point final à son "Quintette de l’Islam", un cycle romanesque commencé en 1992.

"Quand j’étais enfant à Lahore, la religion ne m’intéressait pas le moins du monde, confirme-t-il. C’était l’affaire des rasoirs et des mollahs. Mes parents étaient communistes. Notre maison était pleine de poètes, d’artistes, de syndicalistes, de critiques littéraires. Nul n’avait besoin de la religion."

Tariq Ali est né à Lahore (situé à l’époque en Inde britannique) en 1943. Figure prépondérante de l’extrême gauche antilibérale depuis la fin des années 1960, son opposition à la dictature militaire pakistanaise l’a contraint à l’exil en Grande-Bretagne. Envoyé à Oxford, il étudie la philosophie, la politique et l’économie.

C’est lors de la première guerre du Golfe, en 1991, que tout bascule. En entendant un universitaire dire à la télévision que l’Islam était "dépourvue de culture politique », il a décidé de se plonger dans l’histoire des relations entre l’Islam et le reste du monde. L’idée lui est venue ensuite d’en faire un roman.
Il commence avec L’Ombre des grenadiers (1992, Sabine Wespieser, 2009) qui revient sur sept siècles de culture arabe en Andalousie. Enthousiaste, l’intellectuel américain Edward Said le convainc alors d’aller au bout, de raconter cette "sacrée histoire" toute entière.

D’où l’idée du polyptique, dont la toile de fond serait l’histoire des conflits entre l’Occident chrétien et la civilisation islamique. D’un tableau à l’autre, et par ordre chronologique, Ali nous emmène d’abord en Sicile, en 1153, à la fin du règne de Roger II, le "sultan Rujari", grand protecteur des intellectuels musulmans (Un sultan à Palerme, 2007), puis à Jérusalem en 1187, lorsque Saladin reprend la Ville sainte aux Croisés (Le Livre de Saladin, 2008), à Grenade, en 1499, après que la reine Isabelle eut ordonné la destruction des ouvrages en arabe (L’Ombre des grenadiers, 2009), sur la mer de Marmara à la fin de l’Empire ottoman (La Femme de pierre, 2010) et enfin au Pakistan (La Nuit du papillon d’or, 2011).

Pour Tariq Ali, toutes ces histoires « montrent aux Occidentaux comme aux Musulmans mal informés que l’islam n’est pas synonyme de djihad. Que son histoire est celle d’une culture riche, tolérante et qui a eu ses Lumières ».

Son dernier roman, Berlin – Moscou, Tariq Ali offre un bilan du communisme. Il écrit sur les illusions trahies et les espérances détruites, donne chair et corps à une incroyable galerie de portraits et nous entraîne, de Moscou à Berlin, en passant par Vienne, Hanoï, Barcelone ou Paris, dans les méandres d’une histoire politique exaltante et tragique.


Bibliographie

Romans

  • Berlin – Moscou (La Peur des miroirs) (Sabine Wespieser Éditeur, 2014)
  • La Nuit du Papillon d’or (Sabine Wespieser Éditeur,‎ 2011)
  • La Femme de pierre (Sabine Wespieser Éditeur,‎ 2010)
  • L’ombre des grenadiers (Sabine Wespieser Éditeur,‎ 2009)
  • Le livre de Saladin (Sabine Wespieser Éditeur,‎ 2008)
  • Un sultan à Palerme (Sabine Wespieser éditeur, 2007)

Essais

  • Edward Said : Conversations avec Tariq Ali (Galaade,‎ 2014)
  • L’histoire non dite des États-Unis (Galaade,‎ 2012)
  • Obama s’en va-t-en guerre (La Fabrique,‎ 2010)
  • Quelque chose de pourri au Royaume-Uni : Libéralisme et terrorisme (Liber, coll. « Raison d’agir »,‎ 2006)
  • Bush à Babylone : La recolonisation de l’Irak (La Fabrique,‎ 2004)
  • Le Choc des intégrismes : Croisades, djihad et modernité (Textuel, coll. « La Discorde »,‎ 2002)
  • La Peur des miroirs (Syllepse, coll. « Hors collection »,‎ 2001)
  • Pakistan : dictature militaire ou pouvoir populaire ? (François Maspero, coll. « Livres rouges »,‎ 1971)
Berlin-Moscou

Berlin-Moscou

Sabine Wespieser Editeur - 2014

Vlady Meyer, ancien dissident d’Allemagne de l’Est, s’adresse à son fils qui, lui, a parfaitement pris le virage de la social-démocratie dans une Allemagne tout juste réunifiée. Sa fidélité à ses convictions marxistes a coûté à Vlady son poste à l’université. Désemparé face à un monde qui semble avoir fait du capitalisme son horizon indépassable, il tente d’expliquer ce que fut la belle utopie du communisme et remonte pour cela dans la généalogie familiale.
Fils d’une communiste juive allemande réfugiée en Union soviétique, il a vécu son enfance à Moscou pendant la Deuxième Guerre mondiale. En 1945, fidèle parmi les fidèles, sa mère revient avec lui dans ce qui est devenu la RDA, où se déroulera toute son existence militante.

Alors qu’il se regarde dans le miroir de l’histoire, Vlady tente de découvrir s’il est véritablement le fils du célèbre Ludwig, agent secret soviétique en rupture avec le Komintern, assassiné sur ordre de Staline alors qu’il s’apprêtait à rejoindre Trotski – en qui l’on reconnaîtra la figure historique d’Ignace Reiss. Sa quête de vérité est d’autant plus ardente qu’elle est assortie de terribles soupçons sur le rôle qu’aurait joué dans cette disparition sa propre mère.

Tariq Ali écrit sur les illusions trahies et les espérances détruites, donne chair et corps à une incroyable galerie de portraits et nous entraîne, de Moscou à Berlin, en passant par Vienne, Hanoï, Barcelone ou Paris, dans les méandres d’une histoire politique exaltante et tragique.

Roman traduit de l’anglais par Bernard Schalscha et Patrick Silberstein


Revue de presse

  • « Dans l’étonnant Berlin-Moscou, le Britannique Tariq Ali offre un bilan du communisme. (…) L’étourdissante fresque construite par Tariq Ali est placée sous le signe de la lucidité. Les brillants esprits qui se sont tant appliqués à réaliser l’Idée ne sont pas simplement sacrifiés. Ils se laissent surprendre par leur propre conformisme. Par leur besoin d’appartenir à cette famille de remplacement qu’est la puissante confrérie des aigrefins. Un roman subtil où l’Histoire dévoile son intimité avec une pudeur émouvante. » Le Monde des livres
  • « Quant à Tariq Ali, lui a compris qu’il n’est de roman (même, et surtout, politique) qui ne soit d’espionnage. Que tout romancier est un agent secret. C’est ce qui rend si passionnant ce Berlin-Moscou où il laisse en plus libre cours à son sens du récit, des rencontres de hasard et fertiles. Les Mille et une nuits autant que Stendhal se sont penchés sur le berceau de ce livre, dont ils sont les bonnes fées. » Livres hebdo
Edward Said. Conversations avec Tariq Ali

Edward Said. Conversations avec Tariq Ali

Galaade Editions - 2014

Ces conversations au cours desquelles Edward Said s’entretient avec Tariq Ali ont été enregistrées à New York en 1994. Ayant su préserver la saveur de l’oralité, leurs échanges offrent l’occasion rare de voir au plus près s’entretenir deux figures vivant et travaillant en Occident après avoir grandi dans des sociétés et des cultures orientales, et défendant ardemment leur droit à la critique face aux orthodoxies. Ils nous font connaître l’homme, ses origines, son approche de la musique ou de la littérature, sa relation à la Palestine et aux États-Unis, et apportent ainsi un éclairage unique sur ce qui anime la pensée d’Edward Said.

Né à Jérusalem en 1936, exilé adolescent en Égypte puis aux États-Unis où il arrive avec sa famille en 1950, Edward Said incarnait la cause de la Palestine en intellectuel engagé. Professeur à la Columbia University de New York, il a bâti une œuvre cohérente, au sein de laquelle L’Orientalisme a connu à sa parution en 1978 un retentissement international et contribué à asseoir la pensée postcoloniale. Edward Said est mort en 2003.

Tariq Ali est sans doute la figure la plus stimulante de la scène intellectuelle anglo-saxonne. Écrivain, cinéaste, historien, il est l’auteur de plus d’une douzaine d’ouvrages sur l’histoire et la politique mondiale, de la guerre du Vietnam aux bombardements sur Gaza, et d’un cycle romanesque, Le Quintet de l’Islam. Plus connu en Amérique latine, dans le monde arabo-musulman, en Inde ou encore au Pakistan, où il est né en 1943, Tariq Ali vit aujourd’hui à Londres où il est membre du comité de rédaction de la New Left Review et directeur éditorial de la maison d’édition Verso.


Revue de presse

« Un dialogue où entrent en résonance leurs expériences croisées de la culture anglaise mais surtout du joug colonial. » Politis

« Une œuvre phare pour la pensée post-coloniale. » Librairie Charlemagne


La nuit du papillon d’or

Sabine Wespieser Editeur - 2011

De beau matin, le téléphone sonne chez Dara, le narrateur, écrivain installé à Londres : son ami de jeunesse, à qui il confiait ses espérances politiques mais aussi ses secrets d’alcôve, le tire du sommeil pour lui rappeler une vieille dette d’honneur. Plus de quarante ans se sont écoulés depuis leurs années soixante à Lahore, et Platon, devenu un peintre célèbre et controversé, veut que Dara écrive sa vie.
Dara tire aussitôt prétexte de cette biographie de commande pour partir sur les traces de ses condisciples d’alors, avec qui il militait clandestinement. Dispersés à travers le monde, ils ont empruntées des voies fort divergentes. Mais tous –le chirurgien républicain comme le combattant maoïste – vont finir par se retrouver au pays natal pour le dévoilement du grand œuvre de Platon : une toile gigantesque intitulée « Les Quatre Cancers de Terrepatrie » – l’Amérique, les militaires, les mollahs et la corruption.
Car il est question, dans ce roman résolument contemporain, du Pakistan d’aujourd’hui (jamais nommé), dont Tariq Ali brosse un portrait dévastateur, mais pour des raisons qui ne sont pas forcément celles qu’invoque le discours occidental. Témoin la pseudo-victime de l’islam devenue la coqueluche des médias français que met en scène l’écrivain.
Si le regard de Tariq Ali est acéré, celui-ci reste un formidable conteur. Quand il dénonce le féodalisme, c’est à travers le personnage de la belle Zaynab, la compagne de Platon, qui jeune fille a été mariée au Coran… pour éviter que le patrimoine familial ne soit dilapidé. Et l’histoire d’amour de Dara avec Jindié, le « Papillon d’or » du titre, tient le lecteur en haleine tout au long du roman.
On retrouve bien, dans cet éblouissant cinquième volet du Quintet de l’islam, Tariq Ali tel qu’en lui-même : drôle, imaginatif, intelligent, satirique et diablement informé.


Un sultan a palerme

Sabine Wespieser Editeur - 2007

Quelque chose de pourri au royaume uni

Raison d’agir - 2006