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Editorial 2006

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«  Du 7 au 13 février 2005, le Mali a réservé un accueil enthousiaste aux écrivains venus d’Afrique et d’ailleurs » (Thérèse-Marie Deffontaines,Le Monde) «  Le cœur battant de la culture au Mali » (Muriel Steinmetz, l’Humanité) : de l’avis général, la cinquième édition du festival , en février 2005, a été, une pleine réussite. Auteurs, journalistes, partenaires français et maliens s’accordaient sur ceci, qu’un palier important avait été franchi, concrétisé par une large mobilisation populaire.

La petite manifestation née en 2001 au Centre Culturel Français a donc grandi jusqu’à devenir une référence : l’incontournable rendez-vous des littératures africaines.
Ici s’est affirmée au fil des rencontres et des débats une nouvelle génération d’écrivains africains qui aujourd’hui occupe le devant de la scène, en Afrique, en France, en Europe, parfois même dans le monde entier. Après le succès de Fatou Diome, et de Gaston Kelman, puis d’Alain Mabanckou qui a vu l’an passé son beau roman Verre cassé (Le Seuil) récompensé au printemps par le prix Ouest-France-Etonnants Voyageurs, puis par le Prix des Cinq Continents, le Prix RFO du Livre avant de manquer d’un souffle, (au onzième tour !) le prix Renaudot, c’est Abdourahman Waberi qui a vu son Aux États-Unis d’Afrique (éd. Lattès) salué par une critique unanime.
Ce sont ces écrivains qui ont fait entendre les voix les plus fortes, les plus originales lors du dernier Salon du Livre de Paris consacré à la francophonie. A. Waberi, dans le Magazine Littéraire, A. Mabanckou dans le Monde : « Pendant longtemps, ingénu, j’ai rêvé de l’intégration de la littérature francophone dans la littérature française. Avec le temps, je me suis aperçu que je me trompais. La littérature francophone est un grand ensemble dont les tentacules enlacent plusieurs continents. Son histoire se précise, son autonomie éclate désormais au grand jour [...] La littérature française est une littérature nationale. C’est à elle d’entrer dans ce grand ensemble francophone. Ce n’est qu’à ce prix que nous bâtirons une tour de contrôle afin de mieux préserver notre langue, lui redonner son prestige et sa place d’antan. » Et comme en écho, Pierre Assouline dans son blog du Monde, à propos du nouveau roman d’A. Mabanckou Mémoires de porc-épic : « Avec quelques autres, il laisse espérer qu’un jour notre littérature connaîtra le second souffle que connaît actuellement la littérature britannique grâce à ses écrivains que l’on dit encore « issus du Commonwealth » mais qu’on lit déjà comme des écrivains britanniques tout simplement. Mémoires de porc-épic confirme la place que tient désormais Alain Mabanckou parmi les écrivains de langue française, et non parmi les auteurs « francophones », détestable adjectif qui se veut honorable quand il n’est que ghettoisant. »
C’est notre combat, depuis la création d’Étonnants Voyageurs, à Saint-Malo. C’est notre combat, à travers Étonnants Voyageurs Bamako. Et de toute évidence, enfin, les choses commencent à bouger : l’avènement d’une « littérature-monde » en français.

Mais Étonnants Voyageurs Bamako, organisé par deux associations, l’une malienne basée à Bamako, l’autre française, dans le prolongement du festival Saint-Malo Étonnants Voyageurs, c’est aussi un effort constant pour la diffusion du livre au Mali. Aujourd’hui, le festival qui se déroule dans dix villes sur un territoire d’un million de kilomètres carrés, avec tous les problèmes d’organisation qu’on peut imaginer. Grâce aux centres E.Leclerc, nous avons pu mettre sur pied un programme de dotation en livres les bibliothèques publiques de ces villes - 20 000 ouvrages au total, à partir de listes établies par les intéressés. Nous poursuivons le programme conçu par le MAE, « Étonnants Scénarios » pour la formation de scénaristes africains (initiative que nous avons acccueilli avec grand plaisir et accepté d’intituler « Etonnants Scénarios » pour autant qu’elle continuerait à s’inscrire dans le programme d’Etonnants Voyageurs). Et c’est bien volontiers que nous accueillons les associations qui veulent partager cet effort, sous des formes diverses.

Une nouveauté : pour des raisons de commodité (y compris financières) le festival se déroulera désormais, non plus en février mais en novembre et deviendra à compter de cette édition une biennale. Nous travaillons avec les écrivains haïtiens, rassemblés autour de Lionel Trouillot, au projet d’organiser le pendant de cette manifestation à Port-au-Prince, qui coup se tiendrait en alternance avec la manifestation de Bamako - promesse d’échanges passionnants.
Biennale désormais, le festival Étonnants Voyageurs de Bamako garde les mêmes objectifs : contribuer à une plus grande reconnaissance de la littérature africaine dans le monde. En faire découvrir toute la richesse et ses évolutions actuelles. Être le lieu des débats nécessaires autour des thèmes qui agitent l’opinion africaine. Et un moyen privilégié de l’implantation du livre dans les cultures africaines.

Moussa KONATÉ / Michel LE BRIS

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