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La chienne de Naha

Gallimard

La chienne de Naha " Il y a longtemps vivait un homme, à Naha. Il vivait tout seul. Il n’avait personne. Il n’avait qu’une chienne. " Ainsi commence La chienne de Naha, roman qui emprunte son titre à un conte issu de la tradition orale de l’ethnie des Triqui, au Mexique. Prenant appui sur ce conte qui met en scène le premier homme et la première femme, la narratrice déroule le récit d’un voyage depuis Mexico jusqu’aux confins de l’Etat d’Oaxaca. Loin des circuits rebattus, elle s’arrête à Etla, lieu d’un éden provisoire habité par d’étranges étudiants, avant de prendre la route vers Copala, coeur du pays triqui, où les balles sifflent dans la nuit. Autant d’étapes qui en recouvrent d’autres, rêvées, car voilà cinq ans qu’est morte la femme qu’elle considérait comme sa seconde mère, Lucía, figure à l’origine de ce périple. Son souvenir, la rencontre de sa fille, l’énigmatique María, l’errance qui s’ensuit, commune puis solitaire, donne lieu à des pages intenses sur l’enfance, le couple, la violence faite aux femmes et la chance d’avoir eu " deux mères ". Le défi qui consiste à entrelacer le récit du voyage vécu et celui du voyage intérieur est pris en charge par de brefs chapitres qui constituent autant de chambres d’échos. Echos de la petite enfance, d’un amour enfui, des accidents du chemin, d’une curieuse fête des morts, des êtres croisés, enfin, hommes, femmes, enfants, animaux et plantes, nuages, arbres " fraternels, soudés comme les vagues dans la mer, bercés par leur masse en mouvement. Les morts sont autant d’arbres, ils poussent parmi nous, mêlés à nous, être mort est une belle chose, simple et agréable ". Que signifie Naha ? Personne chez les Triqui ne le sait, aucun lieu ne porte ce nom. En espagnol le mot Nada, qui ne diffère que par une lettre, signifie " Rien ". La chienne de Naha : la femme de Rien. Naha. Nada. Néant. Et ce vertige familier qui nous fait nous pencher sur les morts dans l’espoir de tirer de leur bouche muette " la phrase capable de contenir ce que je sais de l’amour, comme une coquille contient son fruit, la note parfaite sur la portée de l’existence ".

La chienne de Naha

Gallimard - 2012

La chienne de Naha " Il y a longtemps vivait un homme, à Naha. Il vivait tout seul. Il n’avait personne. Il n’avait qu’une chienne. " Ainsi commence La chienne de Naha, roman qui emprunte son titre à un conte issu de la tradition orale de l’ethnie des Triqui, au Mexique. Prenant appui sur ce conte qui met en scène le premier homme et la première femme, la narratrice déroule le récit d’un voyage depuis Mexico jusqu’aux confins de l’Etat d’Oaxaca. Loin des circuits rebattus, elle s’arrête à Etla, lieu d’un éden provisoire habité par d’étranges étudiants, avant de prendre la route vers Copala, coeur du pays triqui, où les balles sifflent dans la nuit. Autant d’étapes qui en recouvrent d’autres, rêvées, car voilà cinq ans qu’est morte la femme qu’elle considérait comme sa seconde mère, Lucía, figure à l’origine de ce périple. Son souvenir, la rencontre de sa fille, l’énigmatique María, l’errance qui s’ensuit, commune puis solitaire, donne lieu à des pages intenses sur l’enfance, le couple, la violence faite aux femmes et la chance d’avoir eu " deux mères ". Le défi qui consiste à entrelacer le récit du voyage vécu et celui du voyage intérieur est pris en charge par de brefs chapitres qui constituent autant de chambres d’échos. Echos de la petite enfance, d’un amour enfui, des accidents du chemin, d’une curieuse fête des morts, des êtres croisés, enfin, hommes, femmes, enfants, animaux et plantes, nuages, arbres " fraternels, soudés comme les vagues dans la mer, bercés par leur masse en mouvement. Les morts sont autant d’arbres, ils poussent parmi nous, mêlés à nous, être mort est une belle chose, simple et agréable ". Que signifie Naha ? Personne chez les Triqui ne le sait, aucun lieu ne porte ce nom. En espagnol le mot Nada, qui ne diffère que par une lettre, signifie " Rien ". La chienne de Naha : la femme de Rien. Naha. Nada. Néant. Et ce vertige familier qui nous fait nous pencher sur les morts dans l’espoir de tirer de leur bouche muette " la phrase capable de contenir ce que je sais de l’amour, comme une coquille contient son fruit, la note parfaite sur la portée de l’existence ".