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Saint-Malo Archives : 1997 
 

Les Indiens

19 juin 2013.

Tradition et modernité

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C’est à travers l’écriture que, depuis les années 60, le peuple indien défend désormais son identité. C’est pour lui le moyen de préserver ses traditions, de revendiquer un héritage et de s’imposer face à ceux qui occultent la culture. Depuis la découverte de l’Amérique, l’Indien constitue un mythe important de la culture occidentale où il est apparu souvent de façon stéréotypée, évoluant, au gré des besoins, entre l’image du noble sauvage et celle du barbare primitif.

Si c’est depuis l’arrivée des Blancs que les Indiens ont, peu à peu, appris à s’exprimer à travers l’écriture, il n’en reste pas moins vrai que la première perception humaine de l’espace nord-américain a été exprimée et conservée à travers le langage des milliers d’années auparavant. Ainsi, les chants, contes, récits et rituels transmis de génération en génération par la tradition orale constituaient le patrimoine littéraire et culturel de ces peuples.

À la fin du XIXe siècle, les États-Unis achèvent de conquérir leur territoire, réservant à ses premiers habitants le sort particulièrement cruel que l’ont sait. Les cultures traditionnelles sont pratiquement détruites et l’Indien, plus que jamais colonisé, est en voie d’assimilation.

Au cours des années 60, le mythe se trouve soudain confronté à la réalité par l’apparition d’écrivains indiens qui reprennent en main le contrôle de leur propre image. Comme ce fut le cas pour les Noirs américains, cette période est décisive et on assiste alors à une formidable renaissance politique et culturelle de l’identité indienne qui s’affirme comme étant toujours existante et différente.

Depuis, de personnages, les Indiens sont devenus auteurs et, rejetant les clichés, ils s’approprient la langue et la littérature du colonisateur pour communiquer leur expérience de la condition humaine. Jetant ainsi un pont entre tradition et modernité, l’écriture devient un moyen de préservation et de célébration d’une culture. Une nouvelle famille est née au sein du paysage littéraire américain : sans exotisme aucun, ces écrivains indiens expriment les interrogations d’une communauté qui cherche à maintenir son identité et son héritage, tout en répondant aux défis du présent.

Ils nous donnent à lire des oeuvres puissantes et inspirées dans lesquelles résonnent encore la beauté, l’originalité et la force de leur univers. Parmi les auteurs traduits en français, il faut citer Scott Momaday (Kiowa), Louise Erdrich (Chippowa), Michael Dorris (Modoc), Graig Lesley (Nez-Percés), Louis Owen (Choctaw), mais aussi Leslie Silko (Pueblo), et surtout James Welch (Blackfeet). Ce dernier s’est affirmé en quatre romans comme l’un des plus importants et il est le premier d’entre eux, avec Comme des ombres sur la terre, à ressusciter par l’écriture l’univers traditionnel de ses ancêtres et le monde des Indiens des plaines du XIXe siècle au moment du choc des cultures.