logo
accueil > Saint-Malo > Archives > 2013 > Programme 2013 > L’Amérique de David Simon
Saint-Malo Archives : 2013 
 
Dimanche et Lundi Après-Midi

L’Amérique de David Simon

19 mai 2013.
partager : 
  envoyer :    imprimer : 
 

Deux après-midi exceptionnelles  : « David Simon, témoin de l’Amérique » Dim. 14h-19h, Auditorium. et « Fictionner le réel », Lun. 14h-16h, Auditorium

« L’homme le plus en colère de la télévision » selon The Atlantic Monthly. Créateur des séries cultes The Wire et Treme, l’ancien journaliste d’investigation David Simon construit épisode par épisode une œuvre de référence sur l’Amérique contemporaine. Fresque ambitieuse, brûlot politique, portrait d’un Baltimore ravagé par la drogue et la corruption, d’une telle puissance qu’Atlantic Monthly n’a pas hésité à le comparer au Londres de Dickens, The Wire (2002-2008) fait aujourd’hui l’objet d’études universitaires et de l’admiration des cinéphiles. Nous lui avions consacré toute une nuit, en 2009 ! Exigeant, peu enclin aux représentations médiatiques, le bouillonnant David Simon nous fait l’immense plaisir d’être parmi nous, à l’occasion de la sortie en France de son livre Baltimore, écrit alors qu’il était encore journaliste.

Retrouvez David Simon au Café littéraire, Dim. 10h

LA PASSION DU RÉEL

Journaliste pour le Baltimore Sun dans les années 1980, il fait plusieurs enquêtes au long cours auprès de la brigade criminelle de Baltimore, dont un an entier passé à suivre au jour le jour le quotidien des policiers de cette ville, l’une des plus violentes des États-Unis. Un voyage au bout de la nuit, dont il tire un livre étonnant, Baltimore, servi par sens aigu du détail et une technique de narration si singulière, qu’il paraît tenir tout à la fois du roman et du documentaire. Enfin traduit en France, ce livre devenu un best-seller, inspirera la série Homicide. Il adapte lui-même son second livre, The Corner, en une mini-série diffusée en 2000 sur la chaîne câblée HBO : sa nouveauté de ton, sa puissance narrative font événement. Avec son ami l’ancien policier Ed Burns, il entreprend alors le gigantesque projet des 5 saisons de The Wire, une fresque passionnante d’un réalisme quasi-documentaire, croisant les points de vue des policiers et des gangsters, en faisant appel pour le scénario à des grands du roman noir n’ayant rien à voir avec le milieu de la télévision, George Pelecanos et Dennis Lehane. Suivront Generation Kill, tout aussi étonnant, sur la guerre en Irak, puis Treme, son chef-d’œuvre sur la Nouvelle-Orleans de l’après-Katrina.

LA MÉTHODE DAVID SIMON

Le « choc David Simon » tient autant à son regard sur l’Amérique qu’à sa technique de narration. On n’avait, littéralement, jamais vu ça ! Une pré- cision documentaire impressionnante, une empathie profonde pour ses personnages, une manière toute nouvelle de « fictionner » le réel. « Et si la fiction était plus juste que les sciences sociales ? » s’interrogeait dans la revue Esprit, à propos de The Wire, Sylvie Laurent. François Guérif, quant à lui, est éditeur dans sa collection Rivages-noir de Dennis Lehane et de George Pellecanos. Belle rencontre en perspective avec David Simon ! Suivie de la projection d’un épisode de The Corner, sa première série coup de poing, tournée au cœur du ghetto noir de West Baltimore.

Dim. 14h-19h, Auditorium

DE LA VILLE

Tout comme David Simon, ils font de la ville moderne, plus qu’un décor, ou une matière première : le personnage central de leurs œuvres. James Sallis, un des maîtres du polar américain, créateur des séries Lew Griffin et John Turner, biographe de Chester Himes, campe dans Le tueur se meurt une ville de Phoenix artificielle, malade, écrasée de chaleur. Teju Cole, dans Open City décrypte au fil de ses errances les strates multiples de la ville de New York. De la ville, donc, comme personnage...

The Corner, dans le cadre de l’après-midi autour de D. Simon, dim. 14h-19h, Auditorium

DANS L’AMÉRIQUE EN GUERRE

Dans Generation Kill, David Simon filme la guerre à hauteur d’homme, sans bande-son tape à l’œil ou effets spectaculaires. Ben Fountain signe un chef-d’œuvre sur la guerre en Irak, où des soldats rescapés d’un accrochage se retrouvent transformés en stars des médias, Neil Gordon plonge dans l’histoire des mouvements gauchistes aux États-Unis quand la jeunesse se mobilisait contre la guerre au Vietnam. Trois regards sur l’Amérique et la guerre.

Dim. 14h-19h, Auditorium