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« Utopies S.F. » (Hoebeke, 2000)

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Anthologie Etonnants Voyageurs 2000 « Utopies S.F. »

Cette anthologie fut publiée en avril 2000 aux éditions Hoebeke, parallèlement au n° de la revue Gulliver publié en Librio, qui portait sur le même thème, à l’occasion de la onzième édition du festival Saint-Malo-Etonnants Voyageurs » consacré aux « utopies »

Anthologie présentée par Michel le Bris avec la collaboration de Jacques Chambon
Hoebeke, 300 pages, 110 francs.


PREFACE

La chance de la science-fiction, enfin de compte, aura été d’être rejetée de tous. Objet de tous les sarcasmes et de tous les mépris, plus encore s’il est possible que le polar refoulée dans les marges, décrétée étrangère à la littérature. De gré ou de force, elle aura dû apprendre à survivre dans cette zone franche sans plus de repères ni de lois, hors des normes convenues, condamnée à s’inventer continûment, passagère clandestine parmi les laissés pour compte, les vide-goussets et les aventuriers, sans guère pour se nourrir autre chose que les poubelles du « monde civilisé ». Sans autre choix, en somme, que d’entrer en résistance ou en subversion - en créant ses réseaux, ses codes, son langage comme jadis le firent poètes et voleurs en leur Cour des miracles. Avec l’obligation, pour se gagner des lecteurs, de les capter par contrebande, dès les premières lignes, vaincre leurs réticences ou leur gêne, en mobilisant toutes les ressources du récit, pour les tenir en haleine jusqu’à la dernière ligne. Côtoyant à ce jeu auteurs de pulps magazines, dessinateurs de B.D., rockers, jazzeux, chanteurs de blues, auteurs de romans noirs, tous passagers clandestins ou soutiers du vaisseau XXème siècle, essaimant dans les lieux les plus insolites, avec l’énergie propre aux survivants, se nourrissant les uns les autres jusqu’à former une véritable « contre-culture ». Pendant que dans les salons, aux étages supérieurs, les beaux esprits, par eux-mêmes proclamés arbitres de nos goûts, s’abîmaient dans leur propre contemplation, au point de ne plus rien savoir de l’océan, au-dehors, et de l’appel du large, non plus que de la salle des machines, sous leurs pieds.

Par ceux-là, nous savons un peu mieux qu’hier de quoi peut mourir la littérature : de s’être faite la servante des idéologies, sous le prétexte d’engagement, de se noyer dans le trop-plein de soi, sous le prétexte de psychologie, ou, à l’inverse, de se satisfaire de n’être plus que « littérature », jeux de mots, manière pour une caste de se reconnaître et de se reproduire. Les opinions des intellectuels et gendelettres recueillis par les frères Bogdanoff sur l’Effet Science fiction ( Robert Laffont, 1979) ne doivent pas étonner : elles sont très exactement semblables à celles que pourraient exprimer les habitants des beaux quartiers sur les sans-papiers, les marginaux, les sans-logis, ceux que le père Hugo disait les misérables, et où il voulait voir la puissance de régénération de la société. Qui attend de nouveau de la littérature qu’elle vienne nous dire le monde, qu’elle nous le donne à voir nous en restitue ou invente la parole vive, ferait bien, oubliant les ronds de jambe de nos précieux ridicules, de se tourner vers tous ces marginaux. Où trouver encore à l’œuvre, sauvages, libres, foisonnantes, folles, les puissances de la fiction ? Dans les marges, bien sûr. D’où sont déjà sortis le jazz, le roman noir la BD, le rock, la pop music, pareillement méprisés par l’establishment - soit tout ce qui aura été vivant en ce siècle.

Qui a jamais mieux dit que Philip K Dick dans Ubik ou Le Maître du Haut Château, le monde qui naissait dans les années soixante, les réalités virtuelles, et le vertige des nouveaux espaces intérieurs qui s’ouvraient alors ? Qui, mieux que Ballard dans Crash ou L’île de béton, les noces à venir du sexe et de la technologie dans le déploiement barbare d’une esthétique de la catastrophe ? Qui, mieux que Spinrad dans Jack Barron et l’éternité le basculement cauchemardesque dans l’ère de la communication ? Alors, osez la science-fiction !

Cette anthologie a été conçue comme une invite à vous aventurer à travers quelques nouvelles exceptionnelles, dans le continent science-fiction. Pour le plus étonnant des voyages - dont vous découvrirez à la lecture qu’il ne nous dit jamais que notre monde, aujourd’hui, tel qu’il se tisse de nos rêves, de nos désirs, de nos peurs. Ce que la science-fiction nous propose ? D’oser « retrouver les mythologies, et l’idée, de nouveau, d’utopie, de poser la question du divin, d’oser la métaphysique, l’aventure, la figure du héros, de rêver l’impossible, les étoiles, et l’espace [...] un art de rêver conjugué aux plus grandes inquiétudes, [...] une vision du réel intégrant totalement notre réalité » pour reprendre les mots de Marion Mazaurik dans « Le futur a déjà commencé » (Librio, 2000).Dans tous les sens du terme, croyons-nous comme elle, la littérature dufutur


TABLE

  • Michel Le Bris : Préface
  • J.G. Ballard : Service de réanimation,
  • Richard Matheson : B...
  • Norinan Spinrad : Nulle part où aller
  • Ray Bradbury : Les Bannis
  • Philip Jose Farmer : Chassé-croisé dans le monde du Mardi
  • Ursula K. Le Guin : Plus vaste qu’un empire
  • Laurent Genefort : Longue vie
  • Andreas Eschbach : Les merveilles de l’univers
  • Mike Resnick : Toucher le ciel
  • Connie Willis : Le Rayon de Schwarzschild
  • Pierre Bordage : Godéron
  • Jean-Marc Ligny : À bord des grands astronefs

BIOGRAPHIES

James G. Ballard
Né à Shangaï (Chine) en 1930 de parents britanniques. Adolescent, il est placé dans un camp d’internement japonais, expérience qu’il raconte dans son roman autobiographique L’Empire du soleil (Fayard, 1998), adapté au cinéma par Steven Spielberg en 1987. « Libéré par Hiroshima » comme il le dit lui-même, il est rapatrié en Angleterre en 1946, où il entreprend des études de médecine à Cambridge. Il découvre la science-fiction au début des années 50 et commence à écrire en 1956, publiant sa première nouvelle dans la mythique revue New Worlds, dirigée par Michael Moorcock. Auteur phare de cette génération d’auteurs anglo-saxons des années 60 qui se détournèrent de la science-fiction classique pour des thèmes nouveaux et une plus grande recherche stylistique, il compte tout simplement parmi les plus grands écrivains contemporains. Il est l’auteur notamment de Crash !, adapté au cinéma par Cronenberg, de L’Ile de béton, IGH, Le Monde englouti, Le Vent de nulle part, Sécheresse, La Forêt de cristal, Salut, l’Amérique. Son dernier ouvrage, Fièvre guerrière, a paru chez Stock en 1998.

Richard Matheson
Né aux États-Unis en 1926, romancier, nouvelliste, scénariste, il compte parmi les monuments de la science-fiction américaine et internationale. Son premier roman, Je suis une légende (1954), a été adapté au cinéma, de même que son second roman, L’homme qui rétrécit (1956), devenu depuis un classique du genre. C’est d’ailleurs vers le cinéma et la télévision que Matheson se tourne très vite, écrivant des scénarios pour de nombreuses séries S.F. (Star Trek, Twilight Zone) et pour le cinéma, notamment celui de Duel, le film qui a lancé la carrière de Steven Spielberg. L’ensemble de son œuvre est en cours de réédition chez Flammarion dans la collection Imagine de Jacques Chambon.

Norman Spinrad
Né à New York en 1940, écrivain, journaliste, critique, essayiste, parolier, il est installé à Paris depuis 1988. Auteur de nombreuses nouvelles et d’une quinzaine de romans dont certains ont fait date dans l’histoire du genre, il s’emploie à faire de la science-fiction la littérature même des grands enjeux contemporains, celle qui dénonce, des plus évidentes aux plus insidieuses, les diverses formes d’aliénation qui nous entourent. On lui doit entre autres Les Pionniers du Chaos (1975), Jack Barron et l’éternité (1970), Rêve de fer (1973), Rock Machine (Robert Laffont, 1989), Deus Ex (Denoël, 1994), En direct (Denoël, 1996). Il vient de publier Les Solariens et Ces hommes dans la jungle, tous deux chez Denoël, taudis que Jack Barron et l’éternité vient d’être réédité en poche chez J’ai Lu.

Ray Bradbury
Né en 1920 aux États-Unis. Avec Chroniques martiennes, publié en 1950, il signe une des plus grandes œuvres de science-fiction de tous les temps, la première surtout à apparaître digne de tous les éloges pour les critiques et les lecteurs non spécialisés : un tournant dans l’histoire du genre. Romancier, nouvelliste, il est l’auteur en autres de Farenheit 451, L’Homme illustré, Les Pommes d’or du soleil, Le Pays d’octobre, Un remède à la mélancolie. Il vient de publier Les Machines à bonheur chez Denoël.

Philip Jose Farmer
Né dans l’Indiana (États-Unis) en 1918, il dut gagner sa vie très jeune et obtint sa licence de lettres en suivant des cours du soir. Profondément marqué par les pulp magazines de sa jeunesse (Tarzan, Doc Savage), il est le premier à dire qu’ils constituèrent pour lui sa première empreinte littéraire et qu’à ses yeux les personnages des pulps sont rien de moins que réels - il consacre même une « biographie » à Tarzan : Tarzan Alive. Auteur volontiers iconoclaste, il est devenu l’une des grandes figures de la science-fiction américaine, récompensé par le Prix Hugo en 1968 et 1972. On lui doit notamment Les Amants étrangers (1961), les cinq volumes du Fleuve de l’éternité, La Saga des hommes-dieux, L’Univers à l’envers, Le Masque vide. Son dernier ouvrage, L’Odyssée verte, a paru chez Pocket en 1993.

Ursula K. Le Guin
Née aux États-Unis en 1929. En signant La Main gauche de la nuit en 1969 (Prix Nebula 1969, Prix Hugo, 1970), elle annonce non seulement l’apparition croissante des femmes dans un genre alors presque uniquement masculin, mais elle donne aussi tout simplement à la science-fiction une de ses plus belles œuvres. Récompensée par le Prix Hugo à cinq reprises, par le Prix Nebula à quatre reprises, elle est l’auteur notamment d’une très belle « utopie ambiguë », selon ses propres termes, et d’une importante œuvre d’heroic fantasy : Terremer (Laffont, 1991), Le nom du monde est forêt (1972). Son dernier ouvrage, Le Jardin des tempêtes, est publié chez Flammarion.

Laurent Genefort
Né en 1968 en région parisienne. Titulaire d’une thèse de doctorat consacrée à la littérature de science-fiction, il a publié son premier roman de S. F. à l’âge de 20 ans : Bagne des ténèbres, au Fleuve Noir. Grand Prix de l’Imaginaire 1995 pour Arago (Fleuve Noir), il est l’auteur d’une trentaine de romans, quasiment tous relevant du space opera. Il vient d’achever la co-rédaction d’un scénario avec Marc Caro, pour son prochain film qui allie fable et science-fiction. Son dernier ouvrage, Omale, est publié chez J’ai Lu.

Andreas Eschbach
Né à Ulm en 1959, il est informaticien et ingénieur en aéronautique et en astronautique. Auteur de quatre romans, dont le très remarqué Des milliards de tapis de cheveux (L’Atalante), il est la grande figure de la science-fiction allemande contemporaine, aussi à l’aise dans la nouvelle intimiste que dans le space opera flamboyant. Il vient de publier Station solaire chez l’Atalante.

Mike Resnick
Né à Chicago en 1942, il écrit de la science-fiction depuis plus de vingt ans tout en élevant des chiens en compagnie de son épouse. Sa découverte émerveillée de l’Afrique et de ses mythes a donné ces dernières années une nouvelle orientation à son œuvre, faisant de lui un des auteurs contemporains de science-fiction les plus intéressants. Entre autres ouvrages : Enfer, Projet miracle, Markham ou la dévoration, le cycle Le Faiseur de veuves, Ivoire, de la trilogie Paradis, Purgatoire et Enfer, Kirinyaga, tous chez Denoël. Derniers ouvrages parus : La Belle Ténébreuse et Sur la piste de la licorne, tous deux chez Flammarion.

Connie Willis
Née en 1945 à Denver (Colorado), Dès la parution de ses premières nouvelles, elle a pris place parmi les meilleurs auteurs de S. F., Prix Nebula et prix Hugo pour son recueil de nouvelles Les Veilleurs de feu, prix Hugo pour son roman Le Grand Livre en 1983 (J’ai Lu), elle vient de publier Et sans parler du chien chez J’ai Lu.

Pierre Bordage
Né en Vendée en 1955, il découvre la science-fiction en 1975 en lisant pour une dissertation les Chroniques martiennes de Ray Bradbury. Après une expérience de libraire, il se consacre aujourd’hui exclusivement à l’écriture. Loin de la science-fiction dure ou des mondes cyber-punks, il a su créer un univers personnel où la spiritualité tient une place importante, et s’adonne à des genres aussi divers que le space opera, la fantaisie historique ou le polar scientifique. Il est l’auteur des Guerriers du silence (grand prix de l’imaginaire et prix Julia Verlanger), de Terra Mater, de La Citadelle Hyponéros (prix Cosmos 2000), de Wang (prix Tour-Eiffel 1997), tous parus chez l’Atalante. Il vient de publier le deuxième volume du Cycle de Lucifal à l’Atalante alors que paraît en Librio la série des Derniers hommes.

Jean-Marc Ligny
Né en 1956 à Paris, il est installé depuis 1985 entre Paimpol et Saint-Brieuc dans les Côtes-d’Armor. Depuis son premier roman Temps blancs (Denoël, 1979) à Inner City (J’ai Lu, 1996, Grand Prix de l’Imaginaire 1997) et Jihad (Denoël, 1998), son œuvre la plus ambitieuse et la plus accomplie, il s’est s’affirmé par l’exploitation de son univers personnel comme un des auteurs majeurs de la science-fiction française. Il travaille actuellement avec l’illustrateur et peintre Mandy, sur un projet de CD-Rom et de jeu en réseau on-line. Dernièrement, il a dirigé l’anthologie Cosmic Erotica chez J’ai Lu, et publié Le cinquième est dément chez La Baleine.

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