FERRARI Jérôme

France

Le Principe (Actes Sud, 2015)

Biographie

Nous ne savons pas, en vérité, ce que sont les mondes ni de quoi dépend leur existence. Quelque part dans l’univers est peut-être inscrite la loi mystérieuse qui préside à leur genèse, à leur croissance et à leur fin. Mais nous savons ceci : pour qu’un monde nouveau surgisse, il faut d’abord que meure un monde ancien.

Le Sermon sur la chute de Rome
D.R.

Lauréat du prix Goncourt 2012 avec Le Sermon sur la chute de Rome, le Corse Jérôme Ferrari n’a de cesse de revenir dans ses romans denses et sombres à l’île de Beauté qui l’a vu grandir.

Agrégé de philosophie et titulaire d’un DEA d’ethnologie, cet amoureux de Dostoïevski a enseigné la philosophie pendant quatre ans au lycée français d’Alger avant de partir pour Abu Dhabi. En 2003, il publie son premier roman, Aleph Zero, aux édition Albiana (Ajaccio) qui avaient déjà fait paraître un recueil de nouvelles Variétés de la mort. En 2007, il publie chez Actes Sud Dans le secret, qui sera suivi de Balco Atlantico (2008) puis d’Un dieu un animal (2009). En 2010, il obtient le Prix France Télévisions pour Où j’ai laissé mon âme.

Dans Le sermon sur la chute de Rome, Jérôme Ferrari peint l’ambition de deux amis qui veulent faire du bar qu’ils ont racheté en Corse "le meilleur des mondes possibles". Tandis que ce beau projet philosophique tourne lentement au désastre, les fils narratifs se mêlent et s’entremêlent, et l’on croise plusieurs générations d’hommes confrontés à la finitude de leur existence. Ce roman puissant, ambitieux, n’est jamais ennuyeux. Sombre et caustique, il est porté par des personnages superbement incarnés et une écriture ample, extrêmement travaillée.

Fasciné par la figure du physicien allemand Werner Heisenberg (1901-1976) qui élabora le célèbre "principe d’incertitude », l’auteur publie en 2015 Le Principe, un roman-biographique sur celui qui jeta les bases de la mécanique quantique. Cette partie de la science se prête tout particulièrement à la littérature car le fond conceptuel du problème en physique quantique est un problème de langage, explique l’auteur, d’autant que « l’incapacité à pouvoir saisir un certain type de réalité avec les structures du langage humain est aussi un problème fondamentale de la poésie ». Le narrateur-auteur, un jeune aspirant-philosophe désenchanté, s’efforce, à l’aube du XXIe siècle, de considérer le mal à l’œuvre dans le monde contemporain et l’incomplétude de sa propre existence à l’aune de la destinée de cet homme de sciences exceptionnel.


En savoir plus :

  • Jérôme Ferrari dans Le Grand Entretien, sur France Inter

Bibliographie :

  • Le Principe (Actes Sud, 2015)
  • Le sermon sur la chute de Rome (Actes Sud, 2012)
  • Où j’ai laissé mon âme (Actes Sud, 2010)
  • Un dieu un animal (Actes Sud, 2009)
  • Balco Atlantico (Actes Sud, 2008)
  • Dans le secret (Actes Sud, 2007)
  • Aleph Zero (Babel, 2002)
Le Principe

Le Principe

Actes Sud - 2015

Fasciné par la figure du physicien allemand Werner Heisenberg (1901-1976), fondateur de la mécanique quantique, inventeur du célèbre “principe d’incertitude” et Prix Nobel de physique en 1932, un jeune aspirant-philosophe désenchanté s’efforce, à l’aube du XXIe siècle, de considérer l’incomplétude de sa propre existence à l’aune des travaux et de la destinée de cet exceptionnel homme de sciences qui incarne pour lui la rencontre du langage scientifique et de la poésie, lesquels, chacun à leur manière, en ouvrant la voie au scandale de l’inédit, dessillent les yeux sur le monde pour en révéler la mystérieuse beauté que ne cessent de confisquer le matérialisme à l’œuvre dans l’Histoire des hommes.

Le sermon sur la chute de Rome

Le sermon sur la chute de Rome

Actes Sud - 2012

Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boissons en “meilleur des mondes possibles”. Mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d’irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l’âme humaine à se corrompre. Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d’une écriture somptueuse d’exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s’effondrer les mondes qu’ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d’échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies.


Revue de presse :

  • « Ce roman très corse est aussi universel que la tragédie grecque. Les paysages, abrupts, originels, paradisiaques, invitent à un questionnement radical. L’auteur écrit une langue torturée, mais emportée par la grâce. » Le Figaro Littéraire
  • « Alternant une prose au lyrisme appuyé et un ton des plus crus, fourmillant de personnages, cette chronique d’une mort d’un monde annoncée pourra dérouter certains lecteurs. Nul doute qu’elle fascinera les autres. » L’Express
  • « La phrase extraordinairement travaillée et sinueuse de Jérôme Ferrari s’emploie à explorer les voies que chacun se choisit - plus admirable encore dans Le Sermon qu’elle ne l’était dans ses romans précédents. » Le Monde des Livres
  • « Comme dans ses romans précédents, aux titres déjà énigmatiques et forts (Un dieu un animal, Où j’ai laissé mon âme), Jérôme Ferrari saisit cet instant où tout bascule, où la bulle du rêve et de l’ambition éclate pour laisser place au vide abyssal. » Télérama
  • « Dans cette fable philosophique, loin des récits folkloriques habituels sur la Corse, le narrateur prend à son compte les dialogues et les pensées de trois générations de personnages, qu’il pétrit dans une langue superbe pour que lève cette distance nécessaire qui rend les hommes si bouleversants et si pathétiques à la fois. » Marianne
  • « C’est dans la déchirante apesanteur de la chute de ses personnages qu’il parvient aussi à faire naître lumière et grâce. Pas de rédemption pourtant. Mais la violence et la mort. Un désespoir à surmonter. Juste trouver des étincelles dans le chaos. » La Vie
  • « Plus encore que dans ses précédents romans, "Dans le secret", "Balco Atlantico", "Un dieu un animal", "Où j’ai laissé mon âme", l’auteur envoûte le lecteur par la beauté de son écriture, imprégnée du souffle des sermons antiques mais ancrée dans la modernité, un style à la fois intimiste et puissant, au fil duquel alternent le cocasse et le drame. » Le Point

Où j'ai laissé mon âme

Où j’ai laissé mon âme

Actes Sud - 2010

1957. A Alger, le capitaine André Degorce retrouve le lieutenant Horace Andreani, avec lequel il a affronté l’horreur des combats puis de la détention en Indochine. Désormais les prisonniers passent des mains de Degorce à celles d’Andreani, d’un tortionnaire à l’autre : les victimes sont devenues bourreaux. Si Andreani assume pleinement ce nouveau statut, Degorce, dépossédé de lui-même, ne trouve l’apaisement qu’auprès de Tahar, commandant de l’ALN, retenu dans une cellule qui prend des allures de confessionnal où le geôlier se livre à son prisonnier… Sur une scène désolée, fouettée par le vent, le sable et le sang, dans l’humidité des caves algéroises où des bourreaux se rassemblent autour des corps nus, Jérôme Ferrari, à travers trois personnages réunis par les injonctions de l’Histoire dans une douleur qui n’a, pour aucun d’eux, ni le même visage ni le même langage, trace, par-delà le bien et le mal, un incandescent chemin d’écriture vers l’impossible vérité de l’homme dès lors que l’enfer s’invite sur terre.


Un dieu un animal

Un dieu un animal

Actes Sud - 2009

Un jeune homme a pris la décision de quitter son village natal pour aller, revêtu du treillis des mercenaires, à la rencontre du désert qu’investirent tant d’armées, sous des uniformes di - vers, après le 11 septembre 2001. De retour du checkpoint où la mort n’a pas voulu de lui, ce survivant dévasté est condamné à affronter parmi les siens une nouvelle forme d’exil. Il se met alors en demeure de retrouver la jeune fi lle de ses rêves d’adolescent, mais cette dernière semble avoir disparu sous les traits d’une jeune femme désormais vouée corps et âme à son entreprise… Requiem pour une civilisation contemporaine médusée par les sombres mirages de la guerre comme par la violence inouïe de l’horreur économique, cérémonie cruelle et profane qu’illumine l’ardente invocation d’un improbable salut, Un dieu un animal retentit des échos du chant bouleversant que fait entendre une humanité crucifi ée sur l’autel de la dépossession.


Balco Atlantico

Actes Sud - 2008

Sur la place d’un village de Corse, Stéphane Campana, ardent nationaliste, connu de tous, vient de s’effondrer, fauché par deux balles tirées à bout portant. Sur son corps inanimé est venue se jeter Virginie, la jeune fille qui n’a cessé de vivre dans la vénération de cet homme que, tout enfant déjà, elle s’était choisi pour héros au point de s’abandonner, corps et âme, à ses plus étranges désirs. De l’engagement politique de celui qui baigne à présent dans son sang, le roman reconstitue alors la genèse erratique jusqu’au point, périlleux, où la trajectoire insulaire rencontre celle de deux jeunes Marocains – Khaled et sa soeur Hayet – échoués en Corse à la recherche d’un improbable monde meilleur, celui que, sur la corniche de leur ville natale, près de Tanger, faisait miroiter à leurs yeux l’inoubliable et merveilleuse promenade connue sous le nom de “Balco Atlantico”… D’une rive à l’autre, de mémoires qui ne passent ni ne se partagent, entre les âpres routes de l’exil et l’esprit d’un lieu singulier, Jérôme Ferrari jette le pont d’un roman solaire, érigé dans une langue ouverte sur toutes les mers où, de naufrages en éblouissements, passé et avenir naviguent de concert dans le rêve des hommes.


Dans le secret

Actes Sud - 2007

Il y a bien longtemps que, toutes les nuits, Antoine, la quarantaine, se défait de son costume d’époux et de père de famille modèles pour succomber, dans le bar dont il est propriétaire en Corse, à la tentation de l’alcool et, bien souvent, du sexe - au plus loin de l’amour. Prononcée par sa femme, "l’immaculée" Lucille, au beau milieu d’une étreinte conjugale à laquelle il l’a forcée, une phrase énigmatique va, un matin, faire exploser tout l’hypocrite dispositif sur lequel repose son existence, et le contraindre à un impossible examen de conscience. Dans son désarroi, Antoine se tourne alors vers Paul, son frère cadet, qui vit, clochardisé, dans la maison de village familiale où il s’est retiré après avoir naufragé lors d’une expérience parisienne calamiteuse... Frères de sang et désormais frères en désastre, tous deux s’interrogent, chacun à sa façon, sur la nature du destin qui leur a été fait - peut-être par la "maladie insulaire" qui enfièvre les puissances de la mémoire, substituant le délire de ses images à la prise en compte des catastrophes bien réelles qui, au présent, menacent... Sur les murs que la filiation érige entre les êtres, sur la toxicité des obsessions qui s’entretiennent sous le dangereux gouvernement de l’esprit d’un lieu - l’île aux sombres secrets enfouis dans la splendeur des paysages -, sur la rémanence du sacré et les tentations du mysticisme, sur l’impossible choix entre sexualité païenne et vénération amoureuse, sur les noces, enfin, à jamais contrariées, entre l’esprit de l’homme et le monde qu’il habite, Jérôme Ferrari propose, avec ce roman ardent et rebelle, une variation somptueuse.

Comment inventons-nous ? Science et fiction

Avec Philippe Curval, Christopher Priest, Pierre Cassou-Nogues et Jérôme Ferrari - Saint-Malo 2015


Avec Philippe Curval, Christopher Priest, Pierre Cassou-Nogues et Jérôme Ferrari, une rencontre animée par Bénédicte Leclercq


Science et littérature

Avec Jérôme Ferrari et Jean-Pierre Luminet - Saint-Malo 2015

Avec Jérôme Ferrari et Jean-Pierre Luminet, une rencontre animée par Emmanuelle Dancourt


L’écriture du désastre

Avec James Sallis et Jérôme Ferrari - Saint-Malo 2013

Avec James Sallis et Jérôme Ferrari. Animé parHubert Artus