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CHATEAUREYNAUD Georges-Olivier

France

Aucun été n’est éternel (Grasset, 2017)

© JF Paga / Grasset

Georges-Olivier Châteaureynaud adore « inventer des histoires, créer des personnages et les plonger dans des aventures bizarres ». Ancien président de la Société des Gens de Lettres, Georges-Olivier Châteaureynaud, nouvelliste et romancier, débute en exerçant un grand nombre de métiers différents. Marqué par une enfance difficile, entre un père absent, des difficultés de logement dans les banlieues parisiennes d’Après Guerre, il se plonge très jeune dans la lecture, dévorant aussi bien l’Ile au trésor que l’Amant de lady Chatterley.

Un temps ouvrier spécialisé dans une usine automobile, brocanteur aux Puces de Montreuil, il puise dans ces expériences une connaissance sensible et concrète des réalités humaines. En parallèle, il poursuit sa carrière d’écrivain, et fonde plusieurs revues littéraires avec son ami Hubert Haddad. Les deux écrivains sont, en outre, identifiés dans les années 1990 comme les figures de proue du mouvement littéraire de la Nouvelle Fiction française. Lauréat du Prix Renaudot pour La Faculté des Songes, en 1982, il fait partie du jury de ce prix depuis 1996. Il remporte par ailleurs le Grand Prix de l’Imaginaire du roman francophone pour L’autre rive en 2009. Romancier au style riche, mêlant récit réaliste, fantastique moderne, roman historique et onirique, Georges-Olivier Châteaureynaud s’inscrit dans ce courant connu sous le nom de réalisme magique. Son dernier roman, Corps de l’autre, en est l’illustration adéquate, histoire d’un respectable septuagénaire qui se réincarne dans le corps de son assassin, un terrible skinhead...

Traduit en 2010 en anglais par les éditions Small Beer Press, son recueil de nouvelles A life on paper, rencontre un vif succès chez les lecteurs anglophones. Considéré outre Atlantique comme un Kafka ou un Edgar Poe à la française, il reçoit le prix Science Fiction & Fantasy Translation Award en 2010, et fait partie des nominés pour le prix Best Translated Book Award.

Il publie en 2013 un nouveau recueil de nouvelles au titre aussi insolite que son contenu, Jeune vieillard assis sur une pierre en bois ; ce sont huit histoires fantastiques où le surnaturel intervient dans le quotidien d’hommes ordinaires. De celui qui, par trois fois dans sa vie, aura eu le pouvoir de voler, à celui qui se réveille après une opération pour trouver le monde « pas conforme », Georges-Olivier Châteaureynaud joue avec l’âge et les représentations du temps et étonne sans cesse son lecteur.

Dans Aucun été n’est éternel (Grasset, 2017), la scène se passe en 1965. À travers les aventures d’Aymon, l’auteur retrace l’histoire de la musique folk des années 60 à la manière d’un road movie qui mène le protagoniste d’Athènes à Londres en passant par Tanger pendant un été plein d’expériences nouvelles pour le jeune parisien de dix-huit ans.


Bibliographie :

  • Aucun été n’est éternel (Grasset, 2017)
  • Jeune vieillard assis sur une pierre en bois (Grasset, 2013)
  • Singe savant tabassé par deux clowns (Zulma, 2013)
  • Résidence dernière (éditions des Busclats, 2011)
  • La vie nous regarde passer (Grasset, 2011)
  • A life on paper (Small Beer Press, 2010)
  • Corps de l’autre (Grasset, 2010)
  • L’autre rive (Grasset, 2007), Grand Prix de l’Imaginaire - Roman francophone 2009
  • De l’autre côté d’Alice (Le grand miroir, 2007)
  • Mécomptes cruels (Editions Rhubarbe, 2006)
  • Les intermittences d’Icare (Editions du Chemin de Fer, 2006)
  • Le verger et autres nouvelles (Hachette, 2005)
  • Le jardin dans l’île (Zulma, 2005)
  • Singe savant tabassé par deux clowns (Grasset, 2005)
  • Petite suite cherbourgeoise (Le Rocher, 2004)
  • Au fond du paradis (Grasset, 2003)
  • Civils de plomb (Le Rocher, 2002)
  • La conquête du Pérou (Le Rocher, 1999)
  • Le démon à la crecelle (Grasset, 1999)
  • Le Château de verre (Julliard, 1994)
  • Le Héros blessé au bras (Grasset, 1985)
Aucun été n'est éternel

Aucun été n’est éternel

Grasset - 2017

1965 : le moment beatnik avant le déferlement hippie. Déjà la jeunesse brûle de rompre avec « l’Europe aux anciens parapets » et de larguer les amarres. Aymon a dix-huit ans. « Fils de vieux » élevé dans du coton, il étouffe entre un père mourant et une mère trop possessive.
C’est l’été, mais les vacances ne sont qu’un prétexte. La vie appelle Aymon en Grèce. Là-bas, il découvre pêle-mêle la liberté, le sexe, l’amitié, la musique et la drogue. Il se joint à une petite bande qui mène sous l’Acropole une vie d’oiseaux sur la branche.
Il y a Crevard, authentique routard famélique, Heinz le dealer-copain, Anji l’anorexique aux trois overdoses, le busker Kilian, guitariste surdoué aux « grandes espérances », son acolyte Naze, néo-nazi ingénu, personnage insolite parmi ces freaks libertaires, porteur d’un svastika tatoué sur le dos de la main droite…
Aymon s’affranchit peu à peu du groupe qui se démembre pour « tailler la route ». Après Athènes il y aura Tanger, puis Londres, où le folk boom éclate dans une éclosion de talents musicaux. Mais aucun été n’est éternel : il faudra bien, un jour de rêve fracassé, qu’Aymon regagne Paris et affronte la vie, la vraie, et le drame qu’en partant il a laissé derrière lui.

Singe savant tabassé par deux clowns

Zulma Editions - 2013

« Une infime mésaventure, une bizarrerie, un incident, et voici notre vie qui dérape ou qui s’emballe. Du côté du fantastique, d’un absurde mortifère. Une clé cassée dans la serrure, la rencontre brutale avec une jeune fille lancée sur une patinette, et vous voilà à la merci des sœurs Ténèbre. (…) L’imagination de G.-O. Châteaureynaud est flamboyante et glacée comme l’enfer. » Bernard Pivot, Le Journal du dimanche Ces onze récits ouvrent les portes d’un monde cruel, inouï, qui se joue de nous… un monde qui ressemble étrangement au nôtre.


Jeune vieillard assis sur une pierre en bois

Jeune vieillard assis sur une pierre en bois

Grasset - 2013

Ces huit nouvelles fantastiques prennent racine dans le quotidien. Le personnage central est en général un homme ordinaire à qui il arrive quelque chose d’extraordinaire. Ainsi, le héros des Intermittences d’Icare aura par trois fois dans sa vie le don de voler durant quelques instants. Dans La Face perdue, au temps des duels au sabre à l’occasion desquels les étudiants allemands se tailladaient le visage, un jeune homme trop beau refuse de se battre et perd la face sans métaphore. La nouvelle éponyme, Les Amants sous verre, montre deux amoureux pris au piège d’un couple de vieux sorciers qui vont user de leur jeunesse, le temps d’une nuit d’amour inespérée…

L’art du conte n’est pas perdu, ce recueil en administre la preuve, par la magie d’une imagination féconde et d’une écriture sensible et précise.


Revue de presse

  • G-O Chateaureynaud parle de son livre à la Librairie Mollat :



La vie nous regarde passer

Grasset - 2011

« Je n’ai que faire ici de l’entière vérité. Ce qui m’intéresse, ce sont les lambeaux et bribes déposés en moi au fil du temps, que je manipule à tâtons, que j’examine à l’aveuglette comme au fond d’une crypte ». La rencontre des parents lors d’un bal de la Victoire, les premières impressions fugitives sous le soleil d’Algérie et de Marseille, les inconstances d’un père, son goût des femmes et des ailleurs, l’adoration d’une mère, le divorce, la dépression... Dans ce livre où pour la première fois il parle de lui, Georges-Olivier Châteaureynaud exhume d’un passé brumeux des images, des légendes, et c’est toute une mythologie familiale qui se constitue. Il se souvient. D’une chambre de bonne perchée au huitième étage. Du nomadisme. De la pauvreté. De Grand-Père, de Tantine, ou du terrible Leturc, l’enfant qui lui apprit à lire. La vie nous regarde passer, ce sont les années de formation d’un écrivain, c’est une adolescence dans les années 1960. Entre la "vie de café, mai 68, et les ultimes "glorieuses", c’est aussi le discret parfum d’une certaine époque, celle des aventures indochinoises et des années algériennes, celle de la France d’après-guerre.


Le corps de l’autre

Grasset - 2010

Un soir de Noël au soir de sa vie, Louis Vertumne, critique redouté surnommé par le milieu « l’atrabilittéraire », est agressé par un jeune skinhead. Le respectable septuagénaire s’effondre, frappé à la poitrine. Une fraction de seconde plus tard, il est debout, un couteau ensanglanté en main : à ses pieds, c’est son propre corps qui gît inanimé. Epouvanté, Vertumne comprend qu’il habite le corps de son agresseur, qui lui est en tous points opposé : il est désormais Donovan Dubois, voyou inculte, sale, misérable mais dans la force de l’âge, assassin de surcroît. Il se découvre une gentille fiancée, un frère aîné raisonnable, un père à l’agonie et de bien dangereuses fréquentations. Partagé entre fascination et dégoût, convaincu d’être recherché pour meurtre, il prend la fuite. Commence une existence nouvelle, à laquelle Vertumne-Donovan cherche à donner un sens, entre tentatives d’en écrire le roman, tentations de s’abîmer dans l’insouciance animale et désir d’en finir, tandis qu’il s’interroge sur la vanité de sa première vie. Après s’être réfugié dans les bras de l’émouvante Poppée, professeur de latin et nymphomane alcoolique dont il fait, six mois durant, sa « providence titubante », il part lui-même à la dérive. Jusqu’à réaliser qu’il est peut-être le jouet d’un chaman resurgi de son propre passé, un dieu malin qu’il lui faut assassiner pour mourir enfin. Fantasme d’un esprit dérangé, comme le diagnostiqueront les psychiatres ? Inquiétante étrangeté d’une réalité dont les lois, comme à Vertumne, nous échappent ? Le roman demeure en cette limite trouble, où il n’est jamais permis d’en décider…


Le démon à la grécelle

Grasset - 1999

La conquête du Perou

Le Rocher - 1990

Les grands débats en vidéo

Le pouvoir magique des mots : pour saluer Gabriel Garcia Marquez

Saint-Malo 2014

Avec Hubert Haddad, Georges-Olivier Chateaureynaud, Claude Durand, Julien Delmaire
Animé par Yahia Belaskri

On dit d’un écrivain qui impose sa singularité qu’il a un souffle, un ton, un rythme, un « grain de voix » à nul autre pareil – et si la littérature était cela même : faire trembler le mot écrit, faire
surgir au coeur de l’écrit ce qui fait la force même de l’oralité ? Gabriel Garcia Marquez, qui vient de nous quitter, était de ces écrivains rares dont on peut dire qu’ils ont marqué leur siècle, tout à la fois intensément ancré dans l’Amérique latine et véritablement universel, qui plus que tout autre peut-être aura incarné le courant du « réalisme magique ». Claude Durand, un des très grands éditeurs de ces dernières décennies, l’a découvert et traduit, avec sa femme Carmen, en 1976.

Les cafés littéraires

Le pouvoir magique des mots : pour saluer Gabriel Garcia Marquez

Saint-Malo 2014

Avec Hubert Haddad, Georges-Olivier Chateaureynaud, Claude Durand, Julien Delmaire
Animé par Yahia Belaskri

On dit d’un écrivain qui impose sa singularité qu’il a un souffle, un ton, un rythme, un « grain de voix » à nul autre pareil – et si la littérature était cela même : faire trembler le mot écrit, faire
surgir au coeur de l’écrit ce qui fait la force même de l’oralité ? Gabriel Garcia Marquez, qui vient de nous quitter, était de ces écrivains rares dont on peut dire qu’ils ont marqué leur siècle, tout à la fois intensément ancré dans l’Amérique latine et véritablement universel, qui plus que tout autre peut-être aura incarné le courant du « réalisme magique ». Claude Durand, un des très grands éditeurs de ces dernières décennies, l’a découvert et traduit, avec sa femme Carmen, en 1976.

Un monde fantastique

Saint-Malo 2014

Avec Georges-Olivier Chateaureynaud, Bernard Quiriny, Thomas Day, Renaud Jean et Guillaume Sorel.
Animé par Baptiste Liger.


Ces littératures que l’on dit populaires

Saint-Malo 2008
10h15 : Ces littératures que l’on dit populaires
Jean-Pierre DIONNET, Pierre DUBOIS, Georges-Olivier CHATEAUREYNAUD, Patrick RAMBAUD, Pierre BORDAGE.

Coups de gueule et manifestes

Saint-Malo 2008

Je dirais même : étrange...

Saint-Malo 2008